L’Algérie prévoit de récupérer plus de 110 millions de dollars de fonds qui avaient été détournés et qui sont gelés en Suisse depuis plusieurs années. Ces fonds, issus d’affaires de corruption, seront transférés dans le cadre de procédures judiciaires internationales. Cette information a été annoncée lors du Conseil des ministres qui s’est tenu le dimanche 5 avril 2026.
Récupération de 110 millions de dollars bloqués en Suisse
Au cours de cette réunion, présidée par le président de la République, un exposé a été présenté par le ministre d’État en charge des Affaires étrangères concernant le processus de récupération des fonds détournés. D’après les informations communiquées, 33 demandes judiciaires ont été adressées à la Suisse, dont 20 ont été examinées et acceptées. À ce jour, quatre dossiers impliquant des fonds détournés ont été traités de manière définitive, permettant à l’Algérie de récupérer plus de 110 millions de dollars.
Coordination avec la Suisse et l’Espagne, mais silence de la France
La restitution des fonds requiert la collaboration de plusieurs nations et organisations. La Suisse a collaboré activement avec les autorités algériennes pour débloquer les fonds gelés, tandis que l’Espagne a également joué un rôle dans cette restitution. En revanche, le communiqué précise que 61 demandes similaires ont été envoyées à la France, sans qu’aucune réponse n’ait été obtenue jusqu’à maintenant, sans plus de détails sur les montants concernés. Le président de la République a remercié la Suisse et l’Espagne pour leur coopération dans le rapatriement de ces fonds, soulignant que ces restitutions sont le résultat de plusieurs années de coordination judiciaire et diplomatique concernant des comptes gelés à l’étranger dans le cadre d’enquêtes sur le blanchiment d’argent et la corruption à l’échelle internationale.
Gestion des fonds récupérés et transparence
Les fonds récupérés seront utilisés conformément aux réglementations en vigueur et seront intégralement intégrés au Trésor public, sous un suivi rigoureux pour garantir la transparence et la traçabilité. La restitution de ces fonds vise également à renforcer la gestion des finances publiques et à financer des projets inscrits au budget de l’État. Cette opération de récupération est considérée comme l’une des plus significatives depuis la Suisse et pourrait servir de modèle pour d’autres remises de fonds provenant de l’étranger. Par ailleurs, le ministère des Finances prévoit de mettre en place des mécanismes de suivi rigoureux pour prévenir toute irrégularité future, en travaillant en étroite collaboration avec les pays partenaires et les institutions financières concernées. Ce processus confirme l’importance accordée par l’Algérie à la récupération de ses fonds détournés et à la sécurisation de ses flux financiers internationaux.