À l’aéroport d’Alger, une importante affaire de trafic de psychotropes a conduit deux voyageurs à être poursuivis en justice devant la cour criminelle de Dar El Beïda. Ce sont les douaniers qui, lors d’une vérification de routine, ont eu des soupçons qui se sont confirmés par la suite.
Procès et verdict à Dar El Beïda
Le tribunal criminel situé à Dar El Beïda, une banlieue d’Alger, a tenu audience le jeudi 30 avril 2026. Les accusés, une femme de la wilaya de Mascara surnommée « M. Rachida » et un homme connu sous le nom de « S. Omar », chauffeur de taxi non autorisé à Birkhadem, ont comparu en détention. Le procureur a plaidé pour une condamnation à perpétuité pour les deux. Finalement, « S. Omar » a reçu une peine de dix ans de prison assortie d’une amende d’un million de dinars, tandis que « M. Rachida » a été condamnée à cinq années de réclusion.
Interpellation à l’aéroport d’Alger
Le 6 décembre 2025, les suspects ont débarqué en Algérie par un vol venant de l’aéroport d’Istanbul, en Turquie. Lorsqu’ils ont atterri, les douaniers d’Alger ont inspecté manuellement les bagages de « S. Omar ». Ils ont découvert neuf bocaux de concentré de tomate qui, en réalité, renfermaient 41’000 gélules de psychotropes, aussi connues sous l’appellation « El Hamra ». Dans les affaires de « M. Rachida », ce sont deux autres pots qui ont révélé plus de 10’000 de ces substances illicites. Les deux individus ont été immédiatement arrêtés, comme rapporté par Ennahar.
Témoignages et réseau criminel
Lors de ses déclarations, « S. Omar » a expliqué que la drogue lui avait été remise par un complice en cavale, « B. Adel », un ami d’enfance de son quartier Birkhadem. Il a confessé avoir préparé les valises juste avant le départ en Turquie, ignorant que des psychotropes y avaient été placés. Il a aussi avoué avoir exécuté cette tâche précédemment à plusieurs reprises, recevant ainsi 150 dinars par kilo transporté, générant environ 160’000 dinars mensuellement. Quant à « M. Rachida », elle a reconnu être au courant de la présence des drogues dans ses affaires et avoir effectué de nombreux voyages similaires entre la Turquie et l’Algérie dans le cadre de son activité d’importation cabas.
L’accusation a révélé que l’opération de trafic de ces substances illicites avait été orchestrée depuis la Turquie. « S. Omar » et sa partenaire auraient modifié leurs déclarations initiales durant le procès pour échapper à leurs responsabilités judiciaires. Un autre complice, « B. Adel », dirigeant d’un bureau de fret en Turquie, reste introuvable et est désigné comme le cerveau de cette entreprise criminelle. Les deux prévenus ont été condamnés pour des infractions d’achat et de transport de psychotropes dans le cadre d’une organisation illégale, ainsi que d’importation de substances interdites et blanchiment d’argent.