Une nouvelle usine de fabrication de plaquettes de frein a été mise en service ce mercredi 5 août dans la zone industrielle de Reghaïa, à Alger. L’inauguration a été présidée par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, marquant une étape supplémentaire dans le renforcement de l’industrie mécanique nationale.
La cérémonie a réuni plusieurs responsables gouvernementaux, notamment le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, le ministre de l’Industrie, Yahia Bachir, ainsi que le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred. Leur présence souligne l’importance stratégique accordée à ce type de projet.
Un projet industriel issu de biens récupérés
Cette unité de production dépend de la Société de maintenance de l’Est (SME), une filiale du Groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA). Son démarrage entre dans une démarche particulière voulue par les autorités.
Il s’agit en effet de réintroduire dans le circuit économique des biens saisis à l’issue d’affaires liées à la corruption. L’objectif affiché consiste à transformer ces actifs récupérés en véritables outils de production au service de l’économie du pays.
Une fabrication conforme aux normes du secteur automobile
Le site est dédié à la production de plaquettes de frein pour un large éventail de véhicules. Voitures particulières, camions et divers engins figurent parmi les catégories concernées par cette activité industrielle.
Les articles fabriqués respectent les standards techniques en vigueur. Cette exigence de qualité vise à satisfaire pleinement les besoins spécifiques de la filière automobile, aussi bien pour les fabricants que pour les utilisateurs finaux.
Une capacité de production de 1,5 million de plaquettes de frein par an
D’après les données communiquées durant l’inauguration, l’usine peut atteindre un rythme annuel de 1,5 million d’unités. Cette capacité place le site parmi les infrastructures majeures du secteur mécanique local.
La gamme proposée se compose de 153 références distinctes. On y trouve 126 modèles destinés aux véhicules légers et 27 conçus pour les poids lourds. À cela s’ajoutent des produits adaptés aux tracteurs et à d’autres types de matériels.
Emplois et objectifs de couverture du marché
Sur le plan social, le projet devrait créer plus de 150 postes, dont 60 emplois directs. Cette dynamique contribue à soutenir l’activité économique dans la région d’Alger et ses environs.
Les responsables ambitionnent d’alimenter les constructeurs automobiles présents en Algérie ainsi que les réseaux d’entretien et de service après-vente à travers toutes les wilayas. Ils visent une part de marché comprise entre 30 % et 40 % des besoins nationaux, avant d’envisager une montée en cadence et une ouverture vers l’export.
Une chaîne de production complète et économe en énergie
L’usine intègre l’intégralité du processus de fabrication sous un même toit. La production démarre avec la préparation des matières premières et s’achève par le conditionnement des articles finis.
Plusieurs opérations techniques rythment ce cycle industriel. On y retrouve l’usinage, les traitements thermiques et de surface, mais aussi les étapes de finition. Les installations ont par ailleurs été pensées pour réduire la consommation énergétique durant l’ensemble des phases de fabrication.
Un levier pour la sous-traitance mécanique nationale
Au-delà de la simple production de composants automobiles, ce projet poursuit des objectifs plus larges. Il doit consolider les capacités industrielles du pays tout en limitant la dépendance aux importations.
Cette réalisation participe également à l’essor de la sous-traitance mécanique, un domaine appelé à jouer un rôle central dans la structuration de l’industrie locale et le développement de la production algérienne.
Deux accords de coopération signés en marge de l’événement
La visite du Premier ministre a aussi été l’occasion de sceller de nouveaux partenariats. Deux accords de coopération ont été paraphés entre la Société de maintenance de l’Est et les sociétés Stellantis El Djazaïr et IDENET.
Ces conventions se concentrent sur l’expansion de la sous-traitance mécanique. Elles cherchent à stimuler l’intégration industrielle et à assurer une meilleure présence des produits fabriqués localement sur le marché intérieur.
Avec cette usine de plaquettes de frein, l’Algérie confirme sa volonté de renforcer son tissu industriel et de valoriser des actifs récupérés. Le développement de la filière mécanique pourrait ouvrir, à terme, la voie à de nouvelles perspectives d’exportation.