Les vols directs entre Alger et Séoul se rapprochent d’une concrétisation. L’Algérie et la Corée du Sud ont récemment scellé un accord portant sur les droits de trafic aérien. Cette étape pourrait ouvrir la voie à des liaisons régulières assurées par Air Algérie ou par un transporteur sud-coréen.
L’annonce émane du ministère sud-coréen du Territoire, de l’Infrastructure et des Transports, qui a confirmé ce lundi la conclusion d’une entente entre les deux capitales. Ce dénouement lève un obstacle qui bloquait depuis longtemps toute perspective de connexion aérienne directe entre les deux nations.
Il faut rappeler qu’un premier texte encadrant les services aériens avait été paraphé dès janvier 2005, avant d’entrer en application en juillet 2009. Cependant, le désaccord sur la répartition des droits de trafic empêchait, jusqu’ici, le lancement de la moindre desserte commerciale.
Jusqu’à quatre vols par semaine entre l’Algérie et la Corée
D’après les responsables sud-coréens, les deux États ont validé un plafond de quatre rotations hebdomadaires. Cette autorisation englobe aussi bien le transport de passagers que l’acheminement de marchandises.
Pour l’heure, aucun opérateur n’a été officiellement retenu pour assurer cette future ligne. Air Algérie compte toutefois parmi les candidats les plus évidents si une desserte directe entre Alger et Séoul finissait par voir le jour.
Une telle route constituerait une réelle opportunité pour la compagnie nationale. Cette dernière multiplie les initiatives pour étoffer son réseau international et améliorer la connectivité aérienne du pays.
Une passerelle stratégique entre l’Afrique et l’Asie
Du côté de Séoul, la portée de cet accord dépasse largement les seules relations bilatérales avec Alger. À ce jour, la Corée du Sud ne dispose que d’une unique liaison directe avec le continent africain, reliant Incheon à Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie.
Les autorités coréennes voient dans une future ligne vers l’Algérie un levier d’attractivité considérable. Elle pourrait séduire non seulement les voyageurs algériens, mais aussi des passagers en correspondance venus d’autres pays africains et de tout le pourtour méditerranéen.
L’Algérie aurait ainsi la possibilité de consolider son statut de plateforme de transit entre l’Afrique et l’Asie. Un tel rôle profiterait aux échanges économiques, aux voyages d’affaires et au transport de fret.
Un positionnement géographique porteur pour le Maghreb
La situation d’Alger, aux portes de l’Europe et de l’Afrique, renforce l’intérêt d’une liaison intercontinentale. Le Maghreb aspire depuis plusieurs années à devenir un carrefour logistique reliant plusieurs continents.
Une desserte directe vers l’Extrême-Orient s’inscrirait pleinement dans cette ambition régionale. Elle permettrait de fluidifier les flux commerciaux et humains entre l’Afrique du Nord et l’Asie de l’Est.
Air Algérie et les voyageurs devront patienter
Malgré cette avancée notable, la prudence reste de mise pour les futurs passagers. La signature d’un accord sur les droits de trafic marque une étape déterminante, sans pour autant garantir un lancement immédiat des vols.
Les transporteurs intéressés devront d’abord évaluer la viabilité commerciale de la ligne. Ils devront également décrocher les autorisations réglementaires et arrêter les paramètres d’exploitation : horaires, fréquences et types d’appareils mobilisés.
Air Algérie n’a formulé aucune annonce concrète à ce stade. Néanmoins, le nouveau cadre juridique ouvre des perspectives favorables à la mise en service, à moyen terme, d’une ligne directe reliant Alger à Séoul.
En définitive, cet accord franco… sud-coréen pose les fondations d’un rapprochement aérien inédit entre les deux pays. Si des étapes techniques restent à franchir, la volonté politique semble désormais réunie. Reste à savoir quelle compagnie saisira cette occasion pour rapprocher durablement l’Algérie et la Corée du Sud.

