La Libye, l’Algérie et la Tunisie collaborent désormais pour réguler l’exploitation des ressources en eau se trouvant sous le nord du Sahara. Les trois pays partagent cette précieuse ressource souterraine, présente depuis longtemps mais nécessitant une gestion plus formelle à l’échelle régionale. Une récente réunion à Tripoli a été le théâtre de la conception d’un mécanisme commun pour structurer son utilisation.
Un partenariat entre la Libye, l’Algérie et la Tunisie pour la gestion de l’eau souterraine
Cette ressource est identifiée comme le système aquifère du Sahara septentrional, dépassant les frontières des trois nations. Elle renferme environ 40’000 milliards de mètres cubes de l’or bleu fossile, accumulée au fil des ères géologiques, et non renouvelable à court terme. Les méthodes d’exploitation ont connu une évolution. Historiquement, l’eau était accessible via des sources naturelles et de modestes puits. Actuellement, l’accès à cette ressource dépend essentiellement de forages pouvant atteindre une profondeur significative.
Accord à Tripoli : vers une coordination renforcée
La réunion de Tripoli s’est soldée par une déclaration conjointe, établissant un système de concertation inter-pays pour gérer l’or bleu saharien. L’objectif visé est de synchroniser les prélèvements en l’eau et de surveiller attentivement l’état des nappes phréatiques. Ce dispositif est basé sur une logique de partage. Chacun des trois pays disposera d’une allocation spécifique, calculée à partir de modèles hydrologiques, visant à prendre en compte tant les volumes disponibles que leurs capacités de réapprovisionnement, même si l’eau reste globalement sous le statut de ressource non renouvelable.
Hussein al-Talou, responsable de la recherche au ministère libyen des Ressources hydriques, a déclaré à l’Agence France-Presse que chaque nation recevrait une allocation précise, avec des mesures pour suivre les niveaux d’eau et juguler d’autres menaces telles que la pollution. Un suivi conjoint par les trois pays est prévu pour garantir l’efficacité de ce dispositif. L’Algérie assumera la présidence tournante de cet effort collectif pour une période de trois ans, facilitant les échanges techniques et les rencontres entre les administrations de l’eau concernées.
Conséquences et défis de l’exploitation de l’eau fossile
Des inégalités dans la distribution du système aquifère existent. Environ 62 % des réserves sont localisées en Algérie, 30 % en Libye, et 8 % en Tunisie, ce qui affecte les négociations sur l’utilisation de l’or bleu saharien. Les contraintes techniques compliquent l’exploitation dans certaines régions, où les nappes sont profondes, rendant leur extraction plus difficile. D’autres zones sont déjà largement sollicitées, surtout pour l’usage agricole et l’eau potable. La nature fossile de cette ressource exige une surveillance assidue, car les prélèvements modifient progressivement le niveau des nappes, sans ressourcement naturel suffisant pour combler les pertes. Les trois pays doivent désormais entretenir une coordination technique régulière pour gérer cette précieuse ressource à long terme.