Les réserves de change de l’Algérie ont enregistré une nouvelle baisse au cours du premier trimestre 2026, selon les dernières données publiées par le Fonds monétaire international (FMI). Ces chiffres, relayés par la plateforme spécialisée CEIC Data, confirment la poursuite d’une tendance baissière observée depuis plusieurs années malgré les fluctuations récentes du marché pétrolier.
Une baisse de huit milliards de dollars en trois mois
D’après les statistiques arrêtées à la fin du mois de mars 2026, les réserves de change hors or de l’Algérie s’établissent à 40,3 milliards de dollars. Ce niveau représente une diminution d’environ trois milliards de dollars par rapport au mois précédent.
Depuis le début de l’année, le recul cumulé atteint près de huit milliards de dollars. Cette évolution prolonge une tendance amorcée après le pic historique enregistré au milieu des années 2010, période durant laquelle les réserves de change du pays dépassaient les 116 milliards de dollars grâce à des recettes pétrolières particulièrement élevées.
Une tendance structurelle à l’érosion
Après plusieurs années de baisse continue, les réserves algériennes avaient connu une légère amélioration entre 2022 et 2023. Toutefois, cette reprise n’a pas duré et la contraction a repris progressivement. Les données publiées par le FMI montrent une diminution régulière des avoirs extérieurs du pays au fil des derniers trimestres.
Cette situation reflète la forte dépendance de l’économie algérienne aux revenus des hydrocarbures, qui demeurent la principale source de devises pour le pays. Les fluctuations des marchés énergétiques continuent ainsi d’avoir un impact direct sur les finances extérieures nationales.
La hausse récente du pétrole encore absente des chiffres
Les données du premier trimestre 2026 ne prennent pas encore en compte les effets de la hausse des prix du pétrole observée après les tensions géopolitiques liées au conflit déclenché en Iran fin février 2026. Cette situation a entraîné une forte progression des cours du brut sur les marchés internationaux, avec une augmentation estimée à près de 50 % sur certains marchés spot.
Le prix du Sahara Blend est resté proche de 81 dollars le baril durant le premier trimestre avant de grimper à environ 133 dollars en avril 2026. Sur les quatre premiers mois de l’année, le prix moyen du pétrole atteint ainsi près de 94 dollars le baril, soit largement au-dessus de l’hypothèse de 60 dollars retenue dans la loi de finances algérienne.
Des perspectives liées à l’évolution du marché énergétique
L’impact réel de cette hausse des prix du pétrole sur les finances algériennes devrait apparaître dans les prochains mois. Une grande partie des exportations d’hydrocarbures du pays repose en effet sur des contrats à long terme dont les prix sont révisés selon des mécanismes spécifiques.
Sonatrach continue principalement d’exporter ses hydrocarbures vers plusieurs marchés européens, notamment l’Espagne, la France et l’Italie. Les revenus supplémentaires liés à la flambée récente des cours pourraient offrir un répit temporaire aux réserves de change, même si les volumes écoulés sur les marchés spot restent peu détaillés publiquement.