La Cour d’Alger a rendu, mardi 19 mai, son verdict dans l’affaire Imetal, l’un des dossiers de corruption économique les plus sensibles de ces dernières années en Algérie. Plusieurs anciens responsables du groupe sidérurgique public et des chefs d’entreprises privées ont écopé de lourdes peines de prison pour des faits liés à des marchés publics, au blanchiment d’argent et au détournement de fonds publics.
Des condamnations confirmées par la Cour d’Alger
La dixième chambre pénale de la Cour d’Alger a validé les jugements prononcés en première instance par le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed. Selon les informations rapportées par le média algérien Echourouk, le principal accusé, Lakhdar A., ancien PDG du groupe sidérurgique « Sider », a été condamné à six ans de prison ferme accompagnés d’une amende d’un million de dinars algériens.
Dans ce même dossier, A. Mohamed Chérif, ex-directeur général adjoint à l’administration du complexe d’El Hadjar, a écopé de trois ans de prison ferme et d’une amende de 500 000 dinars.
Autre figure centrale de cette affaire, B. Chouaïb, propriétaire de la société « Hous », a été condamné à cinq ans de prison ferme ainsi qu’à une amende d’un million de dinars. Son entreprise devra également verser une sanction financière estimée à deux millions de dinars.
La juridiction a également prononcé des peines avec sursis contre certains accusés, notamment 18 mois avec sursis pour B. Khaled et une année avec sursis pour Y. Djamila.
Acquittements et blanchiment de plusieurs responsables
En parallèle des condamnations, la justice algérienne a aussi prononcé plusieurs acquittements dans cette affaire Imetal. Les poursuites visant A. Arabe, directeur d’exploitation à l’Entreprise nationale de récupération, Bamoun Hichem, ancien responsable de la communication du groupe « Sider », ainsi que Sassi Ayad, ancien secrétaire général du syndicat « Sider El Hadjar », ont été annulées.
La Cour a également confirmé les décisions de relaxe en faveur de Fertas Mohamed, responsable du service exploitation de l’unité de laminage à chaud, et de Chenouf Mohamed Sabri, directeur financier du complexe d’El Hadjar. Les sociétés impliquées dans ce vaste scandale ont, quant à elles, été condamnées à des amendes allant de deux à cinq millions de dinars algériens.
Un dossier symbole de la lutte anticorruption en Algérie
Cette affaire met en lumière les pratiques illégales dénoncées depuis plusieurs années dans certains groupes industriels publics algériens. Les prévenus étaient poursuivis pour l’octroi d’avantages indus dans l’attribution de marchés publics, des opérations présumées de blanchiment d’argent, des transferts dissimulés de biens ainsi que des faits de détournement de fonds publics et d’abus de fonction.
À travers ce verdict, la justice algérienne envoie un signal fort dans sa volonté de renforcer la lutte contre la corruption économique et les réseaux financiers illicites impliquant des entreprises publiques stratégiques. Avec des peines allant jusqu’à six ans de prison ferme et des sanctions financières conséquentes, l’affaire Imetal s’impose comme un nouveau marqueur judiciaire dans la lutte contre la corruption en Algérie et la protection des fonds publics.