Les étrangers algériens résidant en Tunisie en situation régulière sont désormais mieux connus grâce à des données officielles publiées par le ministère de l’Intérieur. Au 9 avril 2026, le pays comptait 33 524 titulaires d’une carte de séjour valide. Fait marquant : les ressortissants algériens devancent désormais les Français, longtemps considérés comme la première communauté étrangère installée sur le sol tunisien.
Les résidents étrangers en Tunisie : un portrait chiffré
Ces statistiques ont été transmises en réponse à une question écrite d’un député à l’Assemblée des représentants du peuple tunisien. Elles offrent une photographie précise de la population étrangère en séjour légal dans le pays. Avec 7 626 ressortissants, soit 23 % du total, les Algériens constituent la première nationalité parmi les étrangers résidant en Tunisie. Les Français arrivent en deuxième position avec 5 792 personnes, représentant 18 % de l’ensemble des résidents étrangers. Les Italiens occupent la troisième place avec 14 % des cartes de séjour délivrées, devant les Marocains qui totalisent 10 %. À l’échelle des grandes catégories, les ressortissants arabes représentent 43 % des résidents étrangers, contre 40 % pour les Européens.
Les Algériens en tête grâce aux liens familiaux
Le ministère a également ventilé les données selon cinq motifs de séjour reconnus : le mariage avec un ressortissant tunisien, l’investissement, l’activité professionnelle, les études et la retraite. Pour les Algériens résidant en Tunisie, le mariage mixte constitue le principal fondement juridique du titre de séjour. Pas moins de 4 029 cartes ont été accordées à ce titre, soit plus de la moitié des 7 626 résidents algériens recensés. Ce chiffre illustre la profondeur des liens humains entre les deux pays voisins, aux frontières terrestres fermées depuis 1994. À titre de comparaison, les Marocains ont obtenu 1 185 cartes de séjour pour ce même motif, un écart significatif qui souligne la singularité des relations algéro-tunisiennes.
Les Français : investisseurs et retraités avant tout
Les raisons qui poussent les ressortissants français à s’installer en Tunisie diffèrent sensiblement de celles des Algériens. Deux profils dominent : les retraités et les investisseurs ou travailleurs. Le ministère recense 1 861 cartes de séjour accordées à des Français pour motif de retraite, contre 1 017 délivrées dans le cadre d’une activité économique ou d’un investissement. La répartition est ainsi relativement équilibrée entre ces deux catégories pour cette nationalité.
Les Italiens, troisième communauté étrangère en Tunisie, présentent un profil encore plus marqué. Ils totalisent 2 962 cartes accordées à des retraités, pour seulement 646 dans le cadre professionnel. La Tunisie s’affirme ainsi comme une destination attractive pour les Européens souhaitant couler des jours tranquilles en dehors de leur pays d’origine.
Un attrait tunisien qui reflète les dynamiques régionales
La prédominance des Algériens parmi les étrangers résidant en Tunisie n’est pas surprenante au regard de l’histoire commune et de la proximité géographique des deux nations. La Tunisie accueille par ailleurs chaque année plusieurs millions de visiteurs algériens, faisant de ce voisin son premier marché touristique. L’attractivité du pays auprès des Européens, notamment pour la retraite, témoigne quant à elle d’un positionnement bien établi. Coût de la vie accessible, ensoleillement et cadre de vie méditerranéen sont autant de facteurs qui alimentent cette tendance depuis plusieurs décennies.
Ces données confirment que la Tunisie occupe une place charnière entre le monde arabe et l’Europe, reflétant des dynamiques migratoires et humaines propres à toute la région maghrébine. L’évolution de ces chiffres dans les prochaines années permettra de mesurer si cette attractivité se renforce ou se rééquilibre entre les différentes nationalités.