Le tribunal criminel de Dar El Beïda en Algérie a ouvert le dimanche 3 mai 2026 les débats autour d’une affaire complexe impliquant un groupe de 28 individus. Ils sont accusés d’avoir falsifié des documents administratifs et des dossiers techniques de véhicules. Les faits se sont déroulés en 2019 et concernent des employés de l’Assemblée Populaire Communale (APC) de Bachdjarah.
Un réseau de falsification de documents en jugement en Algérie
L’affaire a débuté en décembre 2019 lorsque la police judiciaire de la wilaya d’Alger a reçu une piste concernant l’enregistrement frauduleux de véhicules au sein du service des cartes grises de l’APC locale. Des voitures de tourisme et utilitaires étaient faussement enregistrées comme neuves et vendues par des concessionnaires agréés en Algérie grâce à des documents altérés.
Les origines de la fraude et ses révélations
Les investigations ont permis de découvrir que ces véhicules provenaient de diverses sources illicites. Certains étaient volés localement ou à l’étranger, tandis que d’autres avaient été importés sous couvert de documents falsifiés et laissés sur le territoire sans autorisation. Certains véhicules avaient même des origines totalement inconnues et étaient enregistrés sous des identités fictives avec des adresses inexactes.
C’est grâce à une employée, M. Fatiha, responsable du bureau des mutations de véhicules, que la fraude a été révélée. Le contrôleur S. Kamel a remarqué un dossier suspect présenté par M. Tarek, un employé chargé de recevoir les dossiers. M. Tarek a déclaré qu’il s’agissait du dossier d’un voisin. Ce même employé a transmis deux autres dossiers suspects en novembre 2015, ce qui a incité une vérification systématique de tous les dossiers déposés jusqu’en mars 2019. Cette vérification a découvert 41 dossiers avec des photographies identiques mais des identités différentes, et d’autres documents falsifiés non enregistrés correctement.
Les enquêtes et leurs conclusions en Algérie
L’enquête a montré que M. Tarek avait participé à l’enregistrement frauduleux de véhicules en utilisant des identités fictives et des documents falsifiés. Les dossiers suspects avaient tous été traités par lui. Deux employées, T. H. et Ch. T., ont confirmé son implication. Lors de l’audience du 3 mai 2026, S. Eddine Farid a été condamné à cinq ans de prison après avoir été jugé en opposition à un jugement antérieur. Plusieurs autres condamnations ont eu lieu au préalable pour les accusés déjà présentés devant la cour.
Les autorités ont pu récupérer plusieurs véhicules encore enregistrés dans la base de données des cartes grises de la wilaya d’Alger. Des avis de recherche et des interdictions de circulation ont été émis pour les véhicules utilisant des identités fictives. L’enquête a aussi permis de saisir des véhicules de marque Volkswagen, volés chez Sovac, et trois anciens employés de l’entreprise ont été présentés devant la justice.
