Les prix de la tomate en Algérie connaissent des variations fréquentes et marquées. En avril, le prix a atteint 220 DA/kg à Alger, mais récemment, il est descendu à 65 DA à El Ghrous, Biskra. Ces changements importants sont dus à plusieurs facteurs.
Surproduction et études universitaires
Les tomates primeurs, disponibles dès décembre, frustrent producteurs et consommateurs en raison des fluctuations de prix. Des chercheurs d’universités se sont penchés sur ce phénomène pour y voir plus clair. Il y a dix ans, une recherche de l’École nationale supérieure d’agronomie (ENSA) d’El Harrach a été publiée sous le titre : « Les profits des commerçants de fruits et légumes en Algérie : réalité ou préjugé infondé ? Le cas de la tomate primeur à Biskra ». Elle soulignait les enjeux en jeu dans ce secteur.
A El Ghrous, les marchés sont remplis de pick-ups chargés de tomates produites sous des serres tunnels. Cette région, propice au maraîchage grâce à sa terre fertile et à une main-d’œuvre venue du nord, a vu sa population augmenter considérablement au fil des ans. De nouveaux agriculteurs s’installent, bénéficiant de l’eau et de la terre en location. Grâce à un modèle économique basé sur le crédit, ils obtiennent semences et serres des grainetiers qu’ils remboursent après la récolte. Les études montrent que la tomate primeur offre une rentabilité significative, avec un coût de production moyen de 26 DA/kg contre un prix de vente de 61 DA/kg. Toutefois, les hausses des coûts des matériaux nécessaires à la culture posent des défis.
Facteurs climatiques et fluctuations de prix
En 2016, des recherches sur Biskra démontraient que les aléas climatiques influencent fortement la production et, par conséquent, les prix des tomates. Les tempêtes et les températures extrêmes affectent la récolte et le transport. L’effet de l’offre et de la demande, accentué par les conditions météorologiques, explique les variations de prix. Les chercheurs notent aussi l’influence des pratiques des acteurs du secteur sur ces fluctuations. Pour illustrer l’impact des conditions climatiques, les études citent des exemples de prix changeant radicalement en fonction des températures et des précipitations, impactant alors les circuits de distribution.
Numérisation et contrôle des prix
La numérisation des données dans le secteur agricole algérien est un atout pour comprendre et gérer les fluctuations de prix. En affichant les prix de manière transparente, il devient possible d’analyser les dysfonctionnements et d’y remédier efficacement. Ali Daoudi évoquait en 2024 l’enjeu crucial de maintenir des prix alimentaires bas pour préserver le pouvoir d’achat des consommateurs algériens. La question des tomates primeurs illustre bien cette préoccupation. En conclusion, les fluctuations de prix des tomates en Algérie sont un phénomène complexe, influencé par le climat, l’offre et la demande, et les pratiques commerciales. Des études approfondies et la numérisation des données sont essentielles pour mieux comprendre et réguler le marché.