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Baba Merzoug : un canon révélant les paradoxes franco-algériens

Restituer pour réparer l’histoire est le mot d’ordre de Sabrina Sebaihi, députée écologiste française, qui s’efforce de faire adopter un projet législatif pour rendre à l’Algérie le célèbre canon Baba Merzoug.

Une bataille pour le retour du canon Baba Merzoug

En 1830, lors de l’occupation française d’Alger, les troupes françaises se sont emparées du canon Baba Merzoug. Depuis 1833, ce trophée de guerre est exposé dans le port militaire de Brest, au nord-ouest de la France, malgré les demandes algériennes pour sa restitution. Les autorités françaises ont néanmoins constamment résisté à cette idée, refusant de restituer le canon ainsi que d’autres objets symboliques à l’Algérie.

Cette réticence semble en contradiction avec le désir affiché de réconcilier les mémoires des deux nations. Sabrina Sebaihi a récemment annoncé le dépôt d’une proposition de loi visant à permettre la restitution de Baba Merzoug. « La mémoire ne doit pas être à sens unique, et la justice ne s’expose pas dans un arsenal », a affirmé la députée le 20 avril sur X, ancienne plateforme Twitter.

Baba Merzoug : un canon révélant les paradoxes franco-algériens

Un engagement continu pour Sabrina Sebaihi

Ceux qui suivent le travail de Sabrina Sebaihi savent que ce n’est pas sa première tentative en matière de réparation historique. En mars 2024, elle a réussi à faire reconnaître par l’Assemblée nationale le massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Elle a également, en mars 2025, proposé la restitution des effets personnels de l’émir Abdelkader, considérant cela comme un signal fort d’une France prête à accepter sa responsabilité mémorielle. Sa proposition actuelle coïncide avec l’adoption par le Parlement français d’une loi le 13 avril, concernant la restitution des biens spoliés pendant la colonisation. Cette loi limite néanmoins drastiquement la liste des objets susceptibles d’être restitués.

Les contradictions françaises et l’enjeu symbolique

Selon Le Monde, ces nouvelles dispositions légales ne répondent pas aux attentes algériennes, car elles excluent des objets clés, notamment le canon Baba Merzoug et le sabre de l’Émir. Baba Merzoug, également connu sous le nom de « La consulaire », aurait servi autrefois lors de l’exécution du consul français Jean le Vacher en 1683. Ce monument historique, pesant 12 tonnes et mesurant 6,58 mètres, aurait été fondu à Alger vers 1540.

Baba Merzoug : un canon révélant les paradoxes franco-algériens

Pour l’historien Benjamin Stora, la restitution de tels objets symboliques pourrait contribuer à apaiser les tensions mémorielles entre la France et l’Algérie. Le refus persistant de céder ces biens, invoqué pour des raisons légales sur l’inaliénabilité des biens culturels, soulève des interrogations sur la volonté politique française à évoluer sur ce dossier sensible. Cette question de restitutions a également figé les travaux d’une commission mixte d’historiens, mise en place fin 2022 mais arrêtée suite à une crise politique en juillet 2024.

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Elisée
Elisée
Editeur chevronné du web, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité du maghrébine et de la diaspora en général.
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