Le gouvernement algérien a lancé une analyse pour comprendre comment le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) affecte ses échanges. Ce dispositif, actif depuis janvier 2026, oblige les importateurs européens à compenser les émissions de CO₂ des produits qu’ils achètent par le biais de certificats carbone, dont les prix oscillent entre 70 et 100 euros la tonne de CO₂.
Répercussions sur les exportations algériennes vers l’Europe
S’inscrivant dans le cadre du programme TaqatHy+, en collaboration avec ClimGov II, cette étude fouille l’impact du CBAM sur les exportations algériennes non énergétiques vers l’UE. L’appel d’offres pour l’étude est ouvert jusqu’au 4 mai 2026. Des secteurs comme le ciment, l’acier, le fer et les engrais sont particulièrement concernés et représentent une portion majeure des échanges avec l’Europe. En 2023, les exportations algériennes de ces produits ont atteint environ 5,1 milliards de dollars. Cependant, le CBAM introduit un coût additionnel selon les émissions associées, avec des répercussions financières estimées entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an à court terme, et jusqu’à 7 milliards à l’horizon 2030.
Adaptations industrielles envisagées
Le programme TaqatHy+ structure l’étude sur plusieurs piliers. D’abord, il s’agit d’identifier les chaînes de production les plus exposées et de quantifier leurs émissions. Ensuite, il s’intéresse aux impacts sur l’environnement et le social, notamment sur les méthodes de fabrication et l’emploi. Enfin, l’étude explore les stratégies de réduction des émissions, incluant la modernisation technologique et l’amélioration énergétique. Financé à hauteur de 28 millions d’euros par l’Allemagne et l’UE, le programme est géré par le ministère de l’Énergie algérien et la GIZ Algérie, et s’étend jusqu’en 2029. Des coopérations avec les acteurs européens, à travers des ateliers, facilitent la transition aux nouvelles exigences du CBAM, touchant particulièrement les industries énergivores.