Dans le cadre de son effort pour diversifier l’économie nationale, l’Algérie se tourne vers son secteur minier, considérant cela comme un levier stratégique pour compenser sa dépendance historique aux hydrocarbures. Lors d’une récente réunion tenue le dimanche, le président Abdelmadjid Tebboune a affirmé sa volonté de rompre avec l’ère du pétrole et du gaz, selon un compte rendu de la Présidence de la République.
Projets miniers : un changement de cap économique
Pour concrétiser ce changement, l’Algérie s’est engagée dans le développement de plusieurs projets miniers de grande envergure. Le gisement de minerai de fer de Gara Djebilet, situé à Tindouf dans le sud du pays, est l’un des premiers jalons de cette nouvelle orientation. Ce site détient environ 3,5 milliards de tonnes de réserves. Le lancement officiel de son exploitation par le président Tebboune marque une étape importante, facilitée par l’achèvement de la voie ferrée reliant Gara Djebilet à Béchar sur 950 km.
Un autre projet stratégique en cours est celui du gisement de phosphate de Bled el Hadba, dans la wilaya de Tébessa. Prévu pour produire 10,5 millions de tonnes de phosphate par an avec des réserves évaluées à 840 millions de tonnes, ce projet a obtenu un feu vert crucial lors d’une annonce faite par le premier ministre Sifi Ghrieb. L’achèvement d’une ligne ferroviaire de 420 km vers le port d’Annaba devrait permettre les premières exportations d’ici mars 2027, selon les prévisions du président Tebboune.
Expansion industrielle et coopération internationale
L’objectif de l’Algérie ne se limite pas à l’exportation de matières premières ; le pays souhaite développer une industrie locale de transformation du phosphate, crucial pour l’agriculture. Des travaux pour la création de nouvelles unités de traitement et des stocks d’engrais sont déjà en cours. L’idée, comme l’a exprimé le président Tebboune, est que « celui qui détient les engrais détient le pouvoir ».
Enfin, l’Algérie compte intensifier sa coopération internationale pour renforcer le secteur minier. Le gisement de zinc et de plomb d’Amizour dans la wilaya de Béjaia, reconnu parmi les dix plus importants au monde, pourrait positionner le pays parmi les principaux producteurs de ces métaux. L’Algérie a récemment modifié sa législation pour favoriser la présence des investisseurs étrangers, leur permettant désormais de posséder jusqu’à 80 % des projets miniers, contre 49 % auparavant. Ces initiatives reflètent une stratégie claire pour propulser l’Algérie vers une croissance économique durable, en se libérant progressivement de sa dépendance aux recettes pétrolières et gazières.