En Algérie, les initiatives visant à encadrer les importations et à prévenir la fraude continuent de croître. Le gouvernement se concentre sur la rationalisation des importations pour éliminer les fraudes, de plus en plus fréquentes ces dernières années. Les pratiques frauduleuses incluent la surfacturation des produits importés pour transférer illégalement des devises à l’étranger, tandis que certains recourent à la sous-facturation pour échapper aux impôts en Algérie.
Objectif : Tolérance zéro face à la fraude
La démarche est positive, mais la volonté des autorités de parvenir à un « risque zéro » peut compliquer les procédures et nuire à l’efficacité. Depuis l’instauration, en juillet 2025, du programme prévisionnel d’importation (PPI) par le ministère du Commerce extérieur, des ajustements constants ont été apportés à ce dispositif.
D’abord mis en œuvre pour le deuxième semestre 2025, le PPI a été prolongé pour le premier semestre de l’année suivante. Même après neuf mois, de nouvelles mesures continuent d’être prises pour combler les lacunes identifiées dans le dispositif.
La Banque d’Algérie joue également un rôle actif. Une récente directive impose aux banques commerciales de fournir immédiatement les données des opérations d’importation, mises en œuvre à partir du 12 avril. Les données doivent inclure les références, les identifications des opérateurs, les informations sur les marchandises et les modalités de paiement afin de créer une base de données exhaustive pour identifier les pratiques frauduleuses.
Cible : Importations suspectes et profils à risque
Cette directive a été précédée par une note du ministère du Commerce extérieur exigeant les factures proforma des investisseurs, notamment pour ceux dont les programmes prévisionnels d’importation sont approuvés pour le premier semestre 2026.
La stratégie des autorités s’inscrit dans la volonté de ne laisser aucune fraude impunie, même si cela soulève des questions sur la capacité administrative à gérer un contrôle aussi minutieux de tous les importateurs. En effet, se concentrer sur toutes les transactions peut encombrer les services de contrôle et diluer leurs efforts.

Pour maximiser l’efficacité, il semble judicieux de cibler les opérations suspectes et les profils à risques, un principe déjà appliqué dans d’autres secteurs comme les douanes. Ce ciblage permettrait de concentrer les ressources sur des actions plus stratégiques et moins gourmande en ressources. Les exigences strictes en matière de documentation placent les opérateurs face à des engagements qui peuvent être perturbés par des facteurs imprévus tels que la volatilité des prix mondiaux et les coûts du fret maritime.