L’Algérie a récemment exprimé ses inquiétudes concernant l’usage de logiciels espions par diverses nations pour s’attaquer à des personnalités politiques, des journalistes et des parlementaires. Lors d’une séance de dialogue à Genève avec la Rapporteuse spéciale sur le droit à la vie privée, la mission permanente algérienne auprès des Nations Unies a mis en avant plusieurs enjeux touchant à la protection des données personnelles et à la sécurité des informations dans un environnement numérique de plus en plus complexe.
Appel à un cadre juridique international
Cette déclaration a été faite en réponse à des révélations qui sont apparues ces dernières années, mettant en avant l’utilisation de technologies de surveillance avancées, telles que Pegasus, pour espionner des figures publiques. Un des exemples les plus notables concerne le Maroc, accusé en 2021 d’avoir déployé ce logiciel, développé par une entreprise israélienne, afin de surveiller diverses personnalités, y compris des Algériens. Les informations fournies par les groupes « Forbidden Stories » et « Amnesty International » ont révélé que différents numéros de téléphone algériens étaient ciblés par ce programme d’espionnage.
Au cours de la session à Genève, la mission algérienne a souligné le manque d’un cadre juridique international adéquat pour réguler la collecte et le transfert de données à caractère personnel entre les pays. Ce vide normatif constitue une menace significative pour la protection des données sensibles, en particulier pour les journalistes et les acteurs politiques souvent embrochés dans des conflits géopolitiques.
Pour remédier à cette situation, l’Algérie a mis en place plusieurs mesures nationales visant à protéger les données de ses citoyens. En 2018, le pays a introduit la loi 18-07, qui établit des règles strictes concernant la protection des informations privées et crée une « Commission nationale de protection des données personnelles ». En outre, une nouvelle législation a été adoptée en 2025 pour renforcer la réglementation des transferts internationaux de données, élargissant la couverture légale à des types d’opérations spécifiques.
Un engagement pour contrer l’espionnage numérique
Les pratiques d’espionnage à travers des logiciels espions soulèvent d’importantes questions éthiques et juridiques. L’Algérie a fermement condamné les actes du Maroc, arguant que de telles manœuvres portent atteinte non seulement aux droits humains, mais aussi aux principes essentiels des relations internationales. Le pays a réaffirmé son droit à la protection de ses citoyens et a manifesté sa volonté de participer activement à des initiatives internationales visant à combattre l’espionnage numérique.
Ainsi, l’Algérie appelle à une coopération globale pour l’établissement d’un cadre juridique rigoureux destiné à prévenir les abus liés aux technologies de surveillance, avec l’intention de protéger la confidentialité des données et la sécurité des citoyens. La question de l’espionnage numérique, particulièrement en ce qui concerne des logiciels comme Pegasus, soulève encore de vives inquiétudes à l’échelle internationale.
