Articles Populaire

Carburants : comment l’Algérie séduit la France en 2026

L’Algérie s’impose désormais comme le deuxième fournisseur de carburants de la France au premier semestre 2026, juste derrière les Pays-Bas. Cette ascension traduit une refonte majeure des circuits pétroliers mondiaux, directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz. Un bouleversement qui rebat les cartes de l’approvisionnement énergétique hexagonal.

Sur les six premiers mois de l’année, les livraisons algériennes ont couvert 13,1 % des supercarburants importés par la France, selon les chiffres du Comité professionnel du pétrole (CPDP) relayés le 14 octobre. Ce volume place le pays nord-africain au second rang national, loin toutefois derrière les Pays-Bas.

Avec 627 811 tonnes d’essence expédiées entre janvier et juin, les Néerlandais trustent 48 % des importations françaises. L’Algérie se positionne ainsi comme un partenaire énergétique de premier plan, devançant plusieurs économies de poids sur ce marché stratégique.

Une recomposition profonde des approvisionnements en carburants

Le paysage des importations françaises connaît une mutation accélérée. La part de l’Europe dans les livraisons d’essence a reculé, passant de 83 % en 2025 à 66 % au premier semestre 2026. Un repli significatif en l’espace de quelques mois seulement.

Dans le même temps, l’Afrique a vu son poids presque tripler, grimpant de 6 % à 17 %. Cette dynamique illustre le basculement géographique des sources d’approvisionnement, au bénéfice notable des producteurs du continent africain.

Grâce à cette progression, l’Algérie dépasse désormais l’Italie et les États-Unis, tous deux établis autour de 5,1 % chacun. Le classement des fournisseurs se complète avec la Chine et Singapour, qui franchissent tout juste la barre du 1 %.

Le détroit d’Ormuz, catalyseur du nouvel ordre pétrolier

Cette réorganisation découle directement du blocage du détroit d’Ormuz, fermé depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février 2026. Ce corridor maritime stratégique achemine habituellement près d’un cinquième des hydrocarbures de la planète.

Son indisponibilité reste une source majeure d’inquiétude pour les autorités françaises, contraintes de diversifier d’urgence leurs sources d’énergie. Les producteurs géographiquement proches et accessibles, comme l’Algérie, ont ainsi tiré profit de cette conjoncture tendue.

Le brut algérien grimpe aussi dans le classement

Le marché du pétrole brut reflète la même tendance. Sur le premier semestre 2026, les États-Unis dominent avec 28,2 % des importations françaises, suivis du Kazakhstan (15,5 %) et du Nigéria (11,4 %).

L’Algérie occupe la quatrième position avec 7,7 % des volumes importés. Elle précède de peu la Libye et la Norvège, qui affichent respectivement 6,8 % et 6,6 %. Un équilibre qui confirme la montée en puissance des fournisseurs méditerranéens et africains.

L’Algérie, pilier durable de la carte énergétique française

Au-delà des carburants, l’Algérie conserve une place de choix dans l’approvisionnement énergétique de la France. Pour le gaz naturel, elle demeure le quatrième fournisseur du pays, avec une part de marché en valeur de 11 % en 2024, contre 8 % en 2019.

Sur les dix premiers mois de 2024, le gaz algérien représentait 10,1 % des importations gazières françaises en valeur. Ce flux a généré un montant estimé à 2,05 milliards d’euros, témoignant du rôle central d’Alger dans la sécurité énergétique française.

La France premier client du gaz algérien

Les exportations de gaz naturel #algérien vers la #France ont connu une progression spectaculaire ces derniers mois, hissant le pays à la tête des client de l’Algérie.
https://t.co/LRTMDAiJYo
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

— Rupture (@rupturemedia1) June 5, 2026

Des milliards d’euros d’hydrocarbures échangés

En 2024, les achats français d’hydrocarbures auprès de l’Algérie atteignaient 6,2 milliards d’euros. Près de 90 % de ce montant correspondait à des hydrocarbures naturels et à des produits pétroliers raffinés, confirmant l’intensité des échanges entre les deux rives.

Le pétrole brut algérien, de son côté, pesait 9,8 % des importations françaises de brut en valeur sur les dix premiers mois de 2024. Cela représente un volume livré de 3,66 millions de tonnes, un chiffre loin d’être négligeable.

En se hissant au rang de deuxième fournisseur de carburants de la France, l’Algérie consolide son statut d’acteur énergétique incontournable en Méditerranée. Si la crise d’Ormuz a précipité cette ascension, elle met surtout en lumière la solidité des liens énergétiques tissés entre Alger et Paris. Reste à savoir si cette position se maintiendra une fois les flux pétroliers mondiaux stabilisés.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.
© 2026 Maghrebactu. Tous droits réservés.