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Blé tendre : comment l’Algérie bouscule les prix mondiaux

Le marché du blé tendre connaît une nouvelle poussée haussière, portée par un contexte géopolitique instable et des besoins croissants à l’importation. L’Algérie, qui s’impose comme l’un des plus gros acheteurs de céréales de la planète, vient de relancer un appel d’offres qui agite les places internationales. Cette opération est scrutée de près par les vendeurs européens, et plus particulièrement par la filière française.

Ce lundi 12 octobre 2026, le prix du blé tendre a gagné 0,5 % sur la plateforme Euronext à Paris, s’établissant à 243,25 euros la tonne. Cette remontée des cours fait suite à la publication d’un nouvel appel d’offres lancé par l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).

D’après les informations communiquées par l’agence Reuters, cette initiative algérienne participe au raffermissement des prix de la céréale sur le Vieux Continent. S’y ajoutent les crispations en mer Noire et l’affaiblissement de l’euro face au dollar. Ouvert le dimanche 11 octobre, l’appel d’offres concerne un volume théorique de 50 000 tonnes, les soumissions devant être déposées au plus tard le mardi 13 octobre 2026.

Des achats de blé tendre souvent supérieurs aux volumes annoncés

Dans la pratique, les quantités réellement acquises par Alger dépassent fréquemment les chiffres affichés au départ. Le 15 septembre 2026, le pays avait par exemple raflé près de 500 000 tonnes de blé tendre, à des tarifs oscillant entre 319 et 321 dollars la tonne. Malgré son ampleur, cette transaction n’avait eu qu’un impact restreint sur les cotations européennes.

Cet écart entre volumes nominaux et achats effectifs rend chaque consultation de l’OAIC particulièrement scrutée par les négociants. La moindre annonce peut déclencher des mouvements de prix, tant la demande algérienne pèse lourd dans les équilibres mondiaux.

L’Algérie, troisième importateur mondial de céréales

Le poids de l’Algérie sur le marché céréalier tient d’abord à l’ampleur de ses importations. Pour la campagne 2026-2027, ses acquisitions de blé devraient atteindre 8,5 millions de tonnes. Ce chiffre place le pays sur la troisième marche du podium mondial, juste derrière l’Égypte (13,5 millions de tonnes) et l’Indonésie (12,5 millions de tonnes).

Ramené au nombre d’habitants, le constat est encore plus frappant. Avec une population d’environ 48 millions de personnes, l’Algérie importe davantage de blé par habitant que l’Égypte, qui compte 120 millions d’âmes, et que l’Indonésie, peuplée de 288 millions d’habitants.

Cette dépendance structurelle aux approvisionnements extérieurs confère à l’OAIC un véritable rôle d’arbitre. Les décisions prises lors de ses appels d’offres sont capables d’orienter les cours internationaux de la céréale.

Blé français : les frictions entre Alger et Paris brouillent les échanges

Ce nouvel appel d’offres s’inscrit dans un climat diplomatique tendu entre l’Algérie et la France. Les producteurs hexagonaux redoutent de se voir une fois de plus mis à l’écart des commandes algériennes de blé tendre.

Selon Reuters, cette incertitude nourrit l’inquiétude parmi les acteurs français du secteur. Lors de la consultation de septembre, la crainte d’un rejet du blé tricolore avait d’ailleurs contribué à amortir l’effet des achats algériens sur les prix européens.

À l’heure actuelle, rien n’indique encore si les opérateurs français pourront prendre part à l’opération du 13 octobre. Aucune position officielle n’a été rendue publique concernant l’éligibilité de leur marchandise.

Les tensions en mer Noire amplifient la flambée du blé

La hausse des cotations ne s’explique pas uniquement par l’appétit algérien. Le conflit opposant la Russie et l’Ukraine, deux poids lourds de l’exportation de grains, pèse toujours sur les échanges internationaux et entretient la nervosité des marchés.

Les chances d’aboutir à un accord facilitant le transit des céréales par la mer Noire demeurent floues. Les récentes frappes russes visant les installations énergétiques ukrainiennes, dénoncées par le président Volodymyr Zelensky, ont ravivé les craintes des opérateurs.

En parallèle, Moscou a mis en place un circuit d’exportation de substitution via la mer Baltique. Cette alternative avait, dans un premier temps, exercé une pression baissière sur les prix de la céréale.

Le prochain appel d’offres de l’OAIC s’annonce donc comme un indicateur majeur pour la filière mondiale du blé tendre. Entre demande algérienne robuste et incertitudes géopolitiques persistantes, les cours restent suspendus à des équilibres fragiles que chaque décision peut faire basculer.

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Abdel
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Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.
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