Un contrôle de routine à l’aéroport d’Alger a transformé le départ d’un voyageur en affaire judiciaire. En possession de 3 400 euros non déclarés, ce commerçant qui s’apprêtait à rejoindre l’Espagne fait aujourd’hui face à des réquisitions sévères. Le parquet a demandé un an de prison ferme et une amende de 100 000 dinars.
Tout a commencé comme un trajet professionnel ordinaire pour cet homme habitué aux allers-retours entre l’Algérie et l’étranger. Alors qu’il franchissait les contrôles de l’aéroport international Houari-Boumédiène, une vérification a bouleversé le cours de son voyage.
D’après les informations relayées par la presse algérienne, le passager se rendait régulièrement en Espagne dans le cadre de ses activités commerciales. Lors de la fouille, les agents de police ont mis la main sur 3 400 euros qui n’avaient pas fait l’objet des formalités de déclaration prévues.
65 000 dollars détenus dans les règles à l’aéroport d’Alger
Un élément a particulièrement marqué les débats devant le tribunal. Le voyageur transportait aussi une somme bien plus conséquente : 65 000 dollars. Pourtant, ce montant ne posait aucun problème juridique.
Cette seconde somme était en effet détenue dans des conditions jugées conformes à la réglementation. La poursuite ne concerne donc pas l’ensemble des devises portées par le passager, mais uniquement les 3 400 euros pour lesquels aucune déclaration n’aurait été effectuée.
L’homme a comparu devant le tribunal de Dar El Beïda. Il répond d’une infraction à la législation encadrant les mouvements de capitaux entre l’Algérie et l’étranger. À la barre, il a nié toute volonté de dissimuler ou de faire sortir frauduleusement cet argent.
Un oubli invoqué par le voyageur de l’aéroport d’Alger
Rompu aux déplacements professionnels, le prévenu a précisé qu’il voyageait notamment pour s’approvisionner en marchandises destinées à la revente sur le marché algérien. Selon ses explications, les 3 400 euros n’auraient tout simplement pas été intégrés aux démarches déclaratives.
Il affirme avoir pourtant déclaré le reste des devises qu’il transportait. Sa défense en déduit que l’omission relevait d’une négligence et non d’une intention de fraude.
L’absence d’antécédents mise en avant par la défense
L’avocat du commerçant a souligné qu’il s’agissait d’un premier manquement. Jusqu’ici, son client n’avait jamais été inquiété pour des faits de cette nature.
La plaidoirie a donc appelé les magistrats à prendre en considération ce casier vierge. L’argument reposait aussi sur le caractère présenté comme involontaire de l’infraction, afin d’obtenir une certaine clémence.
Un an de prison requis à l’aéroport d’Alger
Le ministère public n’a cependant pas retenu cette ligne de défense. Le procureur de la République a formulé des réquisitions fermes : une année d’emprisonnement et une amende de 100 000 dinars.
Il convient de rappeler qu’il ne s’agit, à ce stade, que de demandes émanant du parquet. Aucune décision définitive n’a encore condamné l’intéressé à cette peine, la juridiction devant se prononcer ultérieurement.
Cette affaire illustre la rigueur des contrôles exercés aux points de sortie du territoire. Les règles relatives au transport de devises s’appliquent strictement, quelle que soit la somme concernée.
Déclarer ses devises avant tout départ depuis l’aéroport d’Alger
L’histoire de ce commerçant adresse un rappel utile à l’ensemble des passagers transitant par les aéroports algériens. Avant un départ à l’étranger, mieux vaut s’assurer que chaque montant transporté respecte les procédures en vigueur.
Prendre quelques instants pour rassembler les justificatifs et remplir les déclarations nécessaires peut éviter de lourdes conséquences. Une simple formalité négligée suffit parfois à transformer un voyage bien préparé en procédure judiciaire.
Au-delà du cas individuel, ce dossier met en lumière la vigilance accrue des autorités sur les flux de capitaux. La réglementation algérienne encadre étroitement les mouvements d’argent, et la méconnaissance des règles ne constitue pas une protection face à la justice.




