Le Canada renforce sa volonté d’accueillir davantage d’immigrants francophones en dehors du Québec, et les candidats algériens figurent parmi les premiers concernés. Grâce au dispositif Entrée express, principal système fédéral de sélection des travailleurs qualifiés, la maîtrise du français devient un véritable levier d’accès à la résidence permanente. Cette orientation ouvre des perspectives concrètes pour de nombreux profils venus d’Algérie.
Les données officielles confirment déjà la place occupée par l’Algérie dans ce mouvement migratoire. En 2025, 2 700 ressortissants algériens francophones ont décroché la résidence permanente au Canada, hors territoire québécois. Le pays se hissait ainsi à la deuxième position parmi les nations d’origine des nouveaux résidents permanents francophones.
L’Algérie devançait le Maroc, qui comptait 2 615 admissions, tout en restant derrière le Cameroun, largement en tête avec 11 935 arrivées. Au total, 29 630 personnes d’expression française ont été admises hors Québec cette année-là, représentant 8,9 % des entrées concernées. En 2021, cette part plafonnait encore à seulement 2 %.
Entrée express accorde une place stratégique à la langue française
Pour l’année 2026, Ottawa confirme le maintien du français comme catégorie spécifique au sein d’Entrée express. Avant tout, un postulant doit remplir les conditions de l’un des programmes gérés par ce système fédéral. Sont notamment concernés le Programme des travailleurs qualifiés fédéral, la Catégorie de l’expérience canadienne et le Programme des travailleurs de métiers spécialisés.
Une fois admissible, le candidat rejoint un bassin de profils et se voit attribuer un rang selon le Système de classement global, désigné par le sigle SCG. Ce classement détermine ensuite ses chances de recevoir une invitation officielle.
Pour prétendre à une ronde consacrée à la langue française, il faut atteindre au minimum le niveau NCLC 7 dans les quatre compétences évaluées. Cela concerne la compréhension orale, l’expression orale, la lecture et l’écriture. Ce seuil s’avère accessible pour beaucoup d’Algériens ayant suivi leur scolarité ou leurs études supérieures en français.
Un bonus pouvant atteindre 50 points grâce au français
La compétence linguistique en français influence aussi directement le score global d’un dossier. Un profil affichant au moins NCLC 7 dans les quatre habiletés peut obtenir 25 points additionnels, même avec un faible niveau d’anglais ou sans test dans cette langue.
Ce bonus grimpe jusqu’à 50 points lorsque le candidat maîtrise également l’anglais à hauteur du niveau CLB 5 dans les quatre compétences. Ces points viennent s’ajouter aux autres critères pris en compte par Entrée express : âge, formation, expérience professionnelle, langues officielles ou encore désignation par une province.
Ces points supplémentaires ne suffisent toutefois pas à garantir l’obtention de la résidence permanente. Les candidats restent en concurrence les uns avec les autres. Ils doivent impérativement recevoir une invitation formelle avant de pouvoir soumettre leur demande complète.
Plus de 81 000 invitations envoyées aux profils francophones
L’importance accordée au français dépasse aujourd’hui le simple affichage politique. Entre 2023 et le 28 février 2026, plus de 81 000 candidats ont reçu une invitation à déposer une demande de résidence permanente. Ces invitations ont été délivrées via la catégorie dédiée à la maîtrise du français dans Entrée express.
Le gouvernement canadien présente d’ailleurs ce dispositif comme son principal outil pour dynamiser l’immigration francophone en dehors du Québec. Cette approche répond à une stratégie nationale de longue durée.
Les objectifs restent d’ailleurs ambitieux pour les prochaines années. En 2026, le Canada vise 30 267 admissions de résidents permanents francophones hors Québec, soit 9 % du total. Ce seuil devrait grimper à 31 825 personnes en 2027, puis 35 175 en 2028, avant d’atteindre 12 % en 2029.
Les Algériens ne profitent d’aucun dispositif réservé
Une clarification s’impose néanmoins pour éviter toute méprise. Entrée express n’accorde aucun quota exclusif à l’Algérie ni à un autre pays en particulier. Les ressortissants algériens sont soumis exactement aux mêmes règles que l’ensemble des candidats étrangers.
Leur poids dans ce système découle avant tout de leur présence marquée parmi les travailleurs francophones qualifiés. En 2025, les habitants des pays d’Afrique et du Moyen-Orient composaient à eux seuls 84,8 % des nouveaux résidents permanents francophones admis hors Québec.
Pour un postulant algérien, une solide maîtrise du français représente donc un atout tangible dans Entrée express. Encore faut-il satisfaire aux critères d’admissibilité, faire reconnaître ses diplômes lorsque la démarche s’avère nécessaire et obtenir les résultats linguistiques requis.
La politique migratoire canadienne dessine ainsi un cadre favorable aux francophones qualifiés, dont l’Algérie constitue un vivier important. Sans traitement de faveur, mais avec un français bien valorisé, les candidats disposent d’un levier réel pour concrétiser leur projet d’installation hors du Québec.




