Le prix du baril de Brent a fortement progressé ce mardi 15 septembre, se rapprochant du seuil symbolique des 110 dollars. Cette flambée du cours du pétrole s’explique par les tensions grandissantes entre l’Arabie saoudite, premier producteur mondial, et les rebelles Houthis du Yémen. En l’espace d’un mois, le baril de Brent a enregistré une hausse spectaculaire de 20 %.
Un baril de Brent qui frôle les 110 dollars
Lors de la séance de mardi, le baril de Brent extrait en mer du Nord a gagné 2,7 %, atteignant 108,58 dollars. Son pic intrajournalier s’est établi à 109,43 dollars, tout près de la barre des 110 dollars.
De son côté, le brut léger américain West Texas Intermediate (WTI) a grimpé de 4,3 %, s’échangeant à 105,75 dollars le baril. En cours de séance, il avait même touché 106,72 dollars.
Sur les trente derniers jours, la progression du WTI a été encore plus marquée, avec une envolée de 23 %, contre 20 % pour le Brent. Ces deux références mondiales témoignent d’un marché pétrolier sous forte pression.
Les tensions saoudo-yéménites font grimper les cours du pétrole
Le scénario d’un baril à 150 dollars, évoqué lundi, ne s’est finalement pas concrétisé. Néanmoins, la trajectoire ascendante du pétrole se poursuit, alimentée par de vives inquiétudes autour de l’approvisionnement mondial.
Au cœur de cette envolée figure la crainte d’un arrêt des chargements au terminal d’exportation saoudien de Yanbu, situé sur la mer Rouge. Selon des informations rapportées par Reuters, Riyad aurait prévenu certains clients européens d’une interruption temporaire des livraisons depuis cette infrastructure stratégique.
Une attaque des Houthis contre un oléoduc majeur
Le facteur déclencheur de cette hausse remonte à vendredi, lorsque les rebelles Houthis ont visé un oléoduc saoudien reliant l’est à l’ouest du royaume. Face à cette attaque, Riyad a été contraint de fermer temporairement cette conduite pour effectuer des réparations.
Ces travaux de remise en état pourraient s’étaler sur plusieurs semaines, ce qui accentue la nervosité des marchés. L’incertitude sur la durée de l’interruption pèse directement sur les prix du brut.
Un axe vital pour contourner le détroit d’Ormuz
Cet oléoduc Est-ouest jouait un rôle crucial dans la logistique pétrolière saoudienne, avec une capacité de transport de 7 millions de barils par jour. Il permettait notamment à l’Arabie saoudite d’éviter le passage par le détroit d’Ormuz.
Ce point de passage stratégique reste largement sous contrôle iranien, ce qui rend l’axe alternatif d’autant plus précieux pour les exportations du royaume. Sa fermeture prive donc Riyad d’une voie d’acheminement essentielle vers les marchés internationaux.
La Libye ajoute à la pression sur le marché pétrolier
Aux difficultés saoudiennes s’ajoute une autre source de tension pour l’offre mondiale. La Libye a en effet annoncé la suspension des opérations dans trois de ses champs pétroliers.
Cette décision réduit encore la quantité de brut disponible sur les marchés, dans un contexte déjà tendu. La conjonction de ces deux facteurs géopolitiques amplifie mécaniquement la flambée des cours.
Vers une nouvelle flambée des prix du brut ?
La combinaison des tensions au Proche-Orient et des perturbations en Libye maintient le marché pétrolier en état d’alerte. Tant que les infrastructures saoudiennes ne seront pas pleinement rétablies, la pression sur les prix devrait persister.
Pour les pays importateurs comme pour les économies du Maghreb, cette envolée du Brent constitue un signal à surveiller de près. L’évolution des relations entre l’Arabie saoudite et les Houthis pourrait déterminer la trajectoire des cours dans les semaines à venir.




