Le dinar algérien face à l’euro connaît une année 2026 particulièrement stable, loin des envolées habituelles. Contrairement aux étés précédents, la devise européenne n’a pas franchi la barre symbolique des 280 dinars algériens sur le marché parallèle, marquant une accalmie notable dans les fluctuations monétaires.
Un été sans flambée pour l’euro face au dinar algérien
La montée saisonnière de la monnaie unique européenne, généralement observée durant la période estivale, ne s’est pas produite cette année. Alors que les congés d’été s’achèvent, l’euro demeure sous le seuil des 280 dinars algériens.
Cette discrétion contraste fortement avec l’année précédente. En 2025, la devise européenne avait atteint un pic de 292 dinars algériens avant d’entamer une phase de repli progressif. Depuis, la tendance semble s’être inversée.
Marché noir des devises : l’euro cède un dinar en une semaine
Ce dimanche 30 août 2026, les cambistes actifs au Square Port-Saïd, à Alger, proposaient un euro contre 275,50 dinars algériens. La monnaie européenne enregistre ainsi une baisse d’un dinar sur sept jours.
Une semaine plus tôt, le 23 août, ces mêmes opérateurs échangeaient l’unité européenne à 276,50 dinars algériens. Le recul, bien que modeste, confirme la tendance baissière observée depuis le début de l’année.
Un cours réellement maîtrisé ?
Peut-on affirmer que le taux de change de l’euro est désormais sous contrôle sur le marché informel algérien ? La prudence reste de mise malgré cette stabilité apparente.
Si la devise européenne paraît stagner depuis plusieurs mois, il serait hasardeux de tirer des conclusions définitives. Les marchés parallèles restent par nature sensibles à de nombreux facteurs conjoncturels.
Les mesures pour limiter la demande en devises étrangères
Plusieurs décisions ont été prises par les autorités afin de réduire la pression sur la demande d’euros au marché noir. Ces mesures visent directement à contenir les tensions sur le change parallèle.
Parmi elles figure la suppression de l’importation groupée des véhicules âgés de moins de trois ans. Cette disposition avait par le passé alimenté une forte demande en monnaie étrangère chez les particuliers.
Le relèvement du montant de l’allocation touristique constitue un autre levier. En élargissant l’accès légal aux devises, les pouvoirs publics cherchent à détourner une partie des transactions du circuit informel.
Enfin, un plafond d’exportation des devises a été instauré. Il est désormais fixé à 7 500 euros en espèces par année civile, encadrant plus strictement les mouvements de capitaux vers l’étranger.
Le dollar américain progresse légèrement face au dinar
Le billet vert affiche lui aussi une grande stabilité depuis plusieurs semaines sur le marché parallèle. Sa progression reste minime et ne traduit aucun mouvement significatif.
Ce 30 août 2026, la devise américaine se négociait à 237 dinars algériens l’unité chez les cambistes. Elle gagne ainsi 0,50 dinar en une semaine, contre 236,50 dinars algériens enregistrés le 23 août.
Cette évolution marginale confirme l’atonie générale du marché noir des devises en Algérie. Ni l’euro ni le dollar ne connaissent actuellement de variations marquées.
Les taux officiels de la Banque d’Algérie
Sur le marché interbancaire, l’écart avec le change parallèle demeure considérable. La cotation officielle du dinar algérien, publiée par la Banque d’Algérie, illustre cette différence persistante.
Diffusée le vendredi 28 août et valable jusqu’au 1er septembre, cette cotation d’ouverture fixe l’euro à 154,93 dinars algériens à la vente. Le dollar américain, quant à lui, est coté à 132,99 dinars algériens, également à la vente.
La divergence entre ces taux officiels et ceux pratiqués au Square Port-Saïd reste donc très importante. Elle continue d’alimenter l’existence d’un marché informel structurant pour de nombreux Algériens.
En définitive, l’année 2026 marque une période de relative accalmie pour le dinar algérien face aux principales devises étrangères. Reste à savoir si cette stabilité se maintiendra dans les prochains mois, alors que les mesures de régulation continuent de produire leurs effets sur la demande en euros et en dollars.

