La délivrance du passeport algérien aux ressortissants installés hors du pays connaît une évolution importante. Désormais, la contre-valeur en devises des droits de timbre sera recalculée chaque année, selon un arrêté interministériel paru au Journal officiel n° 62. Cette révision périodique vise à aligner les tarifs consulaires sur le taux de change réel.
Un nouveau cadre pour le passeport algérien à l’étranger
L’arrêté interministériel daté du 18 juillet 2026 précise les règles de conversion en monnaie étrangère des droits de timbre. Ces montants sont exigés lors de l’établissement des passeports auprès des représentations diplomatiques et consulaires algériennes à l’étranger.
Le texte a été signé conjointement par Ahmed Attaf, ministre d’État et chef de la diplomatie chargé notamment de la Communauté nationale à l’étranger, et par Abdelkrim Bouzred, ministre des Finances. Il encadre concrètement la manière dont les frais liés au document de voyage seront calculés en devises.
Une révision annuelle inscrite dans la loi de finances 2026
Cette réforme trouve son origine dans la modification de l’article 136 bis du code du timbre, introduite par la loi de finances 2026. Auparavant, les tarifs en devises reposaient sur un taux de change figé et ancien, ce qui créait des écarts avec la réalité du marché.
Le nouveau dispositif change cette logique. Selon l’arrêté, « la contre-valeur en monnaie étrangère des droits de timbre est déterminée par référence aux taux de conversion annuels communiqués par la Banque d’Algérie, au plus tard, le 7 janvier de l’année considérée ».
Une transmission encadrée entre ministères
Une fois établis, ces taux doivent être officiellement transmis à la diplomatie algérienne. Le texte indique que « les taux de conversion fixés à l’article 2 ci-dessus, sont notifiés, annuellement, au ministre chargé des affaires étrangères, par décision du ministre chargé des finances ».
Les postes consulaires seront ensuite tenus d’appliquer ces références lors de l’encaissement des frais. L’arrêté précise que « les services diplomatiques et consulaires algériens à l’étranger sont tenus d’appliquer les taux de conversion annuels, déterminés pour la perception des droits de timbre, exigibles lors de la délivrance des passeports ».
Les tarifs du passeport algérien fixés par la loi de finances 2026
La loi de finances 2026 détaille également les nouveaux montants applicables aux Algériens résidant à l’étranger. Dans le cadre de la procédure ordinaire, le droit de timbre s’élève à l’équivalent de 6 000 dinars pour un passeport biométrique de 28 pages.
Pour le livret plus épais, comportant 48 pages, ce tarif grimpe à 9 000 dinars. Ces sommes constituent la base à partir de laquelle sera calculée la contre-valeur en devises chaque année.
La procédure accélérée et ses coûts
Un dispositif de délivrance rapide est également disponible pour les demandeurs pressés. Le texte prévoit que « le passeport est délivré à la demande aux ressortissants établis à l’étranger, suivant la procédure accélérée dans un délai, maximum, de cinq jours de la date du dépôt de la demande ».
Cette option a un coût plus élevé : 25 000 dinars pour le livret de 28 pages et 45 000 dinars pour celui de 48 pages. Le service accéléré s’adresse donc à ceux qui ont besoin rapidement de leur document de voyage.
Des réductions pour mineurs et étudiants
Certaines catégories bénéficient de tarifs préférentiels sur le passeport algérien. Pour les mineurs et les étudiants, le droit de timbre est ramené à 3 000 dinars pour la version 28 pages et à 4 500 dinars pour la version 48 pages.
Lorsque ces mêmes bénéficiaires optent pour la procédure accélérée, les montants passent respectivement à 12 000 et 22 500 dinars. Ces réductions visent à alléger la charge pesant sur les familles et les jeunes en formation.
Une taxe supplémentaire en cas de perte ou de dégradation
Le refaire d’un passeport après un incident entraîne des frais additionnels. En situation de « perte » ou de « détérioration », le demandeur doit régler une somme supplémentaire en plus du droit de timbre habituel.
Le texte impose la « perception, en plus du droit de timbre dû selon le type de document, d’une taxe de 10 000 DA ». Cette pénalité s’applique quel que soit le format du livret concerné par la réédition.
Une meilleure adéquation avec le taux de change officiel
Grâce à ce nouvel arrêté, la conversion des droits de timbre en monnaie étrangère sera actualisée annuellement selon les indications de la Banque d’Algérie. Ce mécanisme garantit que les consulats appliquent une contre-valeur cohérente avec le cours officiel de l’année en cours.
En instaurant cette mise à jour régulière, les autorités cherchent à rendre le système plus transparent et plus juste pour la diaspora. Les ressortissants algériens à l’étranger disposeront ainsi de tarifs mieux alignés sur la réalité économique de chaque exercice.
