Les expulsions d’Algériens depuis l’Allemagne placent cette nationalité au troisième rang des reconduites enregistrées au premier semestre 2026. Sur cette période, les autorités fédérales ont éloigné 9 663 personnes du territoire, alors même que le rythme global des mesures d’éloignement recule nettement.
Les Algériens dans le trio de tête des expulsions allemandes
Entre janvier et juin 2026, l’Allemagne a procédé à l’éloignement forcé de 9 663 individus. La Turquie domine ce classement avec 1 384 ressortissants reconduits vers leur pays.
La Géorgie arrive en deuxième position, avec 602 renvois comptabilisés. L’Algérie complète le podium avec 391 personnes rapatriées vers leur territoire d’origine.
Le Maroc suit de très près, avec 390 expulsions recensées. La Syrie et l’Afghanistan ferment la liste des cinq nationalités les plus touchées par ces mesures.
Le poids des transferts liés au règlement Dublin III
Parmi les 9 663 éloignements, 1 698 relèvent du mécanisme Dublin III. Ce dispositif désigne un unique État membre de l’Union européenne comme responsable de l’examen d’une demande d’asile.
Ces transferts pèsent 17,5 % de l’ensemble des mesures d’éloignement. Ils affichent surtout une chute de 45 % comparés au premier semestre de l’année précédente.
Là encore, la Turquie, la Géorgie et l’Algérie constituent les trois premières destinations de ces reconduites, avec respectivement 1 384, 602 et 391 personnes concernées.
Recours à la contrainte et procédures d’expulsion suspendues
Sur les 2 390 individus visés par des reconduites collectives, la police fédérale a employé la force physique dans 786 situations. Ces interventions se sont produites lors de la remise aux autorités ou pendant les vols de transfert.
Dans le même temps, 734 opérations programmées ont été annulées ou reportées. Les causes varient : opposition des personnes visées, urgences médicales ou dépôt de recours judiciaires de dernière minute.
Plusieurs organisations non gouvernementales allemandes ont exprimé leurs inquiétudes face à ces pratiques. Elles visent notamment le renvoi de personnes atteintes de pathologies graves, physiques ou psychiques, ainsi que d’enfants souffrant de troubles du développement.
Les autorités ont par ailleurs reconnu des reconduites vers des zones à la sécurité incertaine. Ainsi, 793 personnes ont été renvoyées vers l’Irak et 18 vers l’Iran, ravivant les critiques sur les dangers encourus, en particulier pour les membres de la communauté yézidie.
Le profil des personnes éloignées et l’évolution des chiffres
Les femmes constituent une expulsée sur cinq, soit près de 1 900 personnes sur l’ensemble de la période. Les mineurs, eux, représentent 14 % des individus touchés, l’équivalent d’environ 1 350 enfants et adolescents.
Parmi ces jeunes, 16 mineurs isolés ont été reconduits sans la présence d’un parent ni d’un tuteur légal. Cette réalité alimente les débats sur la protection des plus vulnérables.
Le volume global des éloignements progresse de manière soutenue depuis 2023. Il est passé de plus de 16 000 cette année-là à près de 20 000 en 2024, avant d’atteindre 22 787 en 2025.
Le premier semestre 2026 marque toutefois une rupture, avec un repli de 18 % sur un an. Cette baisse s’explique surtout par la diminution du nombre de demandeurs d’asile observée depuis le début de 2025.
Les étrangers soumis à une obligation de quitter le territoire
À la fin du mois de juin 2026, l’Allemagne recensait environ 259 000 personnes tenues de quitter son territoire. Parmi elles, 77 % bénéficient d’un titre provisoire suspendant l’exécution de la mesure.
Ces tolérances sont délivrées dans plusieurs cas de figure. L’absence de documents de voyage, une grossesse, des ennuis de santé ou d’autres obstacles juridiques et pratiques peuvent les justifier.
Plus de 60 % de ces personnes sont d’anciens demandeurs d’asile déboutés. Le reste regroupe des travailleurs migrants sans emploi, des visiteurs ayant dépassé leur visa et des ex-étudiants privés de titre de séjour.
En parallèle, plus de 16 000 individus ont profité en 2025 des dispositifs d’aide au retour volontaire, cofinancés par l’État fédéral et les Länder. Sur le premier semestre 2026, environ 17 900 personnes munies d’un certificat de passage frontalier ont quitté l’Allemagne de leur propre initiative.
La présence des Algériens dans le trio de tête des expulsions illustre la pression migratoire persistante entre le Maghreb et l’Allemagne. Le recul général des reconduites, lié à la baisse des demandes d’asile, pourrait toutefois modifier les équilibres au cours des prochains semestres.
