En Algérie, l’euro sur le marché noir des devises a repris sa marche en avant ce samedi 22 août 2026. La monnaie européenne a atteint un nouveau seuil face au dinar algérien, annulant la baisse enregistrée quelques jours plus tôt en milieu de semaine.
Sur le circuit informel du change, les cotations relevées ce samedi affichent une hausse de 100 dinars pour 100 euros comparativement aux valeurs de jeudi 20 août. Le tarif d’achat de 100 euros grimpe désormais à 27 300 dinars, alors que le prix de vente s’établit à 27 600 dinars.
Ces chiffres proviennent des principales places du marché parallèle, à commencer par le Square Port-Saïd d’Alger, mais aussi Béjaïa et d’autres grandes villes du pays. Cette progression efface le recul du milieu de semaine et repositionne la devise à ses niveaux de la semaine précédente.
Pourquoi l’euro grimpe-t-il sur le marché parallèle ?
La remontée du cours de l’euro s’explique par la rencontre de deux dynamiques opposées touchant l’offre et la demande de devises. Le premier facteur tient au calendrier saisonnier, avec l’approche de la rentrée qui redessine les flux monétaires informels.
Le retour des membres de la diaspora vers leurs pays de résidence réduit mécaniquement l’apport d’euros dans le circuit non officiel. Les ressortissants algériens installés à l’étranger, dont les vacances estivales s’achèvent, injectent désormais beaucoup moins de devises sur le marché noir.
Le poids de l’importation automobile
Le second moteur de cette hausse est lié à la vigueur de la demande pour l’achat de véhicules d’occasion de moins de trois ans. Ce segment continue de peser lourdement sur le marché des devises en Algérie.
Ces transactions n’étant pas prises en charge par le système bancaire officiel, elles s’appuient entièrement sur le change parallèle. Les importateurs et particuliers se procurent leurs euros sur ce circuit informel, ce qui tire les prix vers le haut de manière durable.
Un écart persistant entre taux officiel et marché noir
Cette dynamique illustre le décalage structurel qui sépare le taux de change officiel du cours pratiqué dans la rue. En Algérie, la monnaie unique européenne s’échange bien plus cher sur le marché parallèle qu’au sein des guichets bancaires réglementés.
Ce phénomène n’est pas propre à l’Algérie et se retrouve, à des degrés divers, dans plusieurs pays du Maghreb où le contrôle des changes reste strict. La faiblesse des allocations officielles en devises pousse de nombreux acteurs économiques vers les réseaux informels.
La demande soutenue pour l’euro, alimentée par les besoins liés aux voyages, aux études à l’étranger et aux importations, entretient cet écart. Le dinar algérien subit ainsi une pression constante sur ce marché non régulé.
Quelles perspectives pour l’euro face au dinar ?
Entre la contraction de l’offre provoquée par le départ des émigrés et la pression continue liée à l’importation automobile, le cours de l’euro conserve une tendance ascendante. Les cotations de ce samedi 22 août 2026 confirment cette orientation à la hausse.
Les analystes du secteur estiment que ces niveaux élevés pourraient se maintenir dans les jours à venir. La fin de la saison estivale et la persistance des besoins en devises pour l’achat de voitures d’occasion resteront les principaux leviers d’évolution.
Le Square Port-Saïd, cœur battant du change informel à Alger, enregistre déjà des opérations à ces nouveaux tarifs. Cette place demeure le baromètre de référence pour suivre les variations quotidiennes de la monnaie européenne sur le circuit parallèle.
Un marché sensible aux facteurs saisonniers
L’évolution de l’euro sur le marché noir algérien reste étroitement liée à des cycles saisonniers bien identifiés. La période estivale, marquée par l’afflux de la diaspora, tend traditionnellement à faire baisser les cours grâce à l’abondance de devises.
À l’inverse, la rentrée et le tarissement de ces flux entraînent presque systématiquement un rebond des prix. Ce mouvement pendulaire rythme le marché parallèle année après année, avec une régularité que les cambistes connaissent bien.
En définitive, la hausse observée ce 22 août 2026 s’inscrit dans une logique économique attendue plutôt que dans une secousse imprévue. Le décalage entre offre réduite et demande soutenue continuera de façonner le cours de l’euro face au dinar sur ce marché informel dans les prochaines semaines.


