La consommation d’électricité connaît une flambée sans précédent en Algérie cet été, portée par une canicule qui s’installe durablement. En un peu plus d’un mois, le pays a enregistré cinq pics historiques, un phénomène jamais observé jusqu’ici. La demande énergétique atteint des sommets inédits.
Un nouveau record de consommation d’électricité en Algérie
Le pic le plus élevé a été atteint le mercredi 19 août à 14 h 30, avec 21 828 MW mobilisés sur le réseau. Cette information a été communiquée par le ministère de l’Énergie et des énergies renouvelables.
Ce chiffre dépasse de 1 200 MW le précédent record établi en 2025, qui plafonnait alors à 20 628 MW. Si cette tendance se maintient, la barre symbolique des 22 000 MW pourrait être franchie très prochainement.
Les pics se sont enchaînés à un rythme soutenu. La veille, le mardi, la consommation avait déjà atteint 21 727 MW, après 21 650 MW le 13 juillet et 21 176 MW le 12 juillet dernier.
La canicule et les climatiseurs au cœur de la surconsommation
Le ministère de l’Énergie met directement en cause l’usage intensif des équipements gourmands en électricité. Les climatiseurs figurent en tête de liste des appareils responsables de cette flambée.
Les autorités pointent en particulier la tranche horaire comprise entre 13 h et 16 h, période durant laquelle la demande explose. C’est aux heures les plus chaudes de la journée que les foyers, commerces et administrations sollicitent massivement leurs systèmes de refroidissement.
Une demande en hausse de 652 MW en un mois
En l’espace d’un peu plus de trente jours, il a fallu mobiliser 652 MW supplémentaires pour répondre aux besoins croissants du réseau national. Cette progression illustre l’intensité de la pression exercée sur le système électrique.
Plusieurs facteurs alimentent cette hausse continue observée depuis quelques années. Les étés de plus en plus chauds poussent la population à recourir davantage à la climatisation, aussi bien dans les logements que dans les espaces professionnels.
Les passoires énergétiques aggravent la facture électrique
Au-delà des appareils énergivores, le parc immobilier algérien souffre d’importantes déperditions d’énergie. De nombreuses habitations et immeubles mal isolés se comportent comme de véritables passoires thermiques.
Ces bâtiments inadaptés laissent échapper une part considérable de l’énergie consommée. La climatisation doit ainsi tourner plus longtemps et plus intensément pour maintenir des températures supportables, ce qui alourdit encore la demande.
Le tarif subventionné favorise le gaspillage d’énergie
Un autre facteur explique cette surconsommation électrique : le prix réduit de l’énergie. En Algérie, l’électricité reste fortement subventionnée par l’État, comme d’autres produits de large consommation.
Ce faible coût, bien qu’avantageux pour le pouvoir d’achat des ménages, encourage indirectement une utilisation peu économe. Le manque d’incitation financière limite les comportements de rationalisation au sein des foyers et des entreprises.
Une campagne de sensibilisation pour réduire la consommation
Face à cette situation, les pouvoirs publics ont décidé de réagir. Le ministère de la Communication a lancé une nouvelle campagne destinée à encourager une utilisation plus raisonnée de l’électricité.
L’objectif est de sensibiliser la population aux bons réflexes, notamment durant les heures de forte demande. Réduire l’usage simultané des appareils énergivores permettrait de soulager le réseau lors des pics de chaleur.
La multiplication des records de consommation illustre un défi structurel pour l’Algérie, à la croisée du réchauffement climatique et de la modernisation énergétique. Entre isolation des bâtiments, tarification de l’électricité et évolution des habitudes, plusieurs leviers restent à activer. La question de la maîtrise de la demande devient désormais incontournable pour les étés à venir.
