Le projet pétrolier de Kafra marque une nouvelle étape dans la coopération énergétique entre l’Algérie et le Niger. La compagnie Sonatrach y détient une participation de 50 %, aux côtés de son homologue nigérienne Sonidep. Ce partenariat repose sur deux découvertes majeures totalisant plus de 568 millions de barils.
Situé dans la région d’Agadez, au nord du Niger, le gisement de Kafra illustre l’ambition commune des deux nations. La répartition à parts égales entre les deux sociétés découle directement des accords de partage de production signés entre Alger et Niamey.
Kafra, un site pétrolier stratégique aux portes de l’Algérie
Le périmètre de Kafra s’étend sur environ 23 737 kilomètres carrés. Il se localise à seulement 85 kilomètres de la frontière algérienne, un positionnement qui renforce sa dimension stratégique.
Cette proximité géographique facilite la logistique et consolide les liens entre les deux voisins sahéliens. Elle confère aussi au projet une importance particulière dans le cadre de leur rapprochement économique.
L’engagement algérien sur ce terrain remonte à plusieurs années. Sonatrach avait décroché une licence d’exploration dans cette zone dès 2005. Un accord de partage de production est ensuite venu formaliser cette présence en 2015.
Plus de 568 millions de barils identifiés à Kafra
La valeur du projet repose essentiellement sur deux découvertes réalisées par le groupe algérien. En 2018, le puits KFR-1 a mis au jour un gisement de pétrole lourd. Ses ressources prouvées et probables sont évaluées à près de 168 millions de barils.
L’année suivante, le forage KFRN-1 a confirmé la présence d’environ 400 millions de barils. Ce brut se distingue par sa forte teneur en paraffine. Les volumes récupérables étaient alors estimés à environ 100 millions de barils.
Additionnées, ces deux découvertes portent le total à plus de 568 millions de barils. Ces chiffres ne correspondent toutefois pas au volume que Sonatrach pourra effectivement extraire. Ils traduisent les ressources associées aux gisements, la production réelle dépendant des études techniques et du développement futur des sites.
Niger–Algérie : Kafra, un pari pétrolier
Plus de 260 millions de barils de réserves estimées : le #Niger et l’#Algérie relancent l’exploration pétrolière à Kafra, dans le nord du pays. Un forage piloté par la Sonatrach, à quelques kilomètres de la frontière algérienne. pic.twitter.com/HXwWW1E9Tb
— RT en français (@RTenfrancais) August 15, 2026
Un nouveau forage pour mesurer le potentiel pétrolier du bloc
Le 13 août 2026, Sonatrach a donné le coup d’envoi des travaux du puits d’exploration Kafra Southeast 1. Cette opération vise à préciser le potentiel du bloc. Elle constitue un préalable à un éventuel passage vers les phases de développement et de production.
Le forage doit descendre jusqu’à une profondeur d’environ 3 900 mètres. Les opérations sont menées par ENAFOR, filiale spécialisée de Sonatrach. L’entreprise mobilise pour cela la plateforme ENF-13, dotée d’une puissance de 2 000 chevaux.
L’acheminement de cet équipement a représenté un défi logistique de taille. Le matériel a été transporté depuis Hassi Messaoud, en Algérie, sur un trajet dépassant les 2 000 kilomètres avant d’atteindre le site nigérien.
Sonatrach veut élargir sa présence énergétique au Niger
La participation du groupe algérien à Kafra s’inscrit dans une collaboration plus étendue avec Sonidep. Les deux compagnies coordonnent leurs efforts sur de nombreux volets de la chaîne pétrolière.
Ce partenariat couvre l’exploration, le développement et la production, mais aussi le forage et le raffinage. La pétrochimie, la commercialisation des hydrocarbures, la formation et le transfert de savoir-faire complètent ce champ d’action commun.
Le Niger vise une hausse notable de sa production
Pour Niamey, l’enjeu consiste à mieux valoriser ses richesses en hydrocarbures. Le pays ambitionne d’accroître sa production actuelle, estimée à environ 90 000 barils par jour.
Si les différents projets aboutissent, cette production pourrait grimper à près de 110 000 barils quotidiens. Un tel bond renforcerait le poids énergétique du Niger sur la scène régionale.
Le projet de Kafra confirme la volonté d’Alger et de Niamey de bâtir une coopération pétrolière durable. Cette dynamique s’inscrit dans un rapprochement plus large entre les deux pays, également mobilisés autour de projets structurants comme le gazoduc transsaharien. L’issue des forages en cours dira si ce partenariat tiendra ses promesses.
