Les relations Espagne-Algérie connaissent une dynamique nouvelle, selon Pedro Sanchez. Alors que les enclaves de Ceuta et Melilla font face à une arrivée massive de migrants marocains, Madrid choisit de valoriser sa collaboration avec Alger sur la lutte contre l’immigration irrégulière. Le chef du gouvernement espagnol parle désormais d’un véritable virage dans le partenariat bilatéral.
Un « tournant » revendiqué dans les relations Espagne-Algérie
Pedro Sanchez s’est rendu en Algérie le lundi 20 juillet, une première depuis 2020. Ce déplacement, centré en grande partie sur les dossiers énergétiques et notamment le gaz, a également ouvert la voie à des échanges sur la question migratoire entre les deux capitales.
C’est à l’issue d’une entrevue avec le roi Felipe VI que le dirigeant socialiste est revenu sur ce séjour. Devant des journalistes le mercredi 29 juillet, il a qualifié sa visite à Alger de moment charnière dans les rapports unissant les deux nations.
Selon les propos relayés par l’agence EFE, l’un des buts affichés consiste à renforcer les dispositifs de retour des migrants. Cette orientation vise directement à alléger la pression migratoire subie par l’archipel des Baléares.
Intensifier les mécanismes de rapatriement
Le président du gouvernement espagnol a confirmé avoir soulevé ce sujet auprès du président Abdelmadjid Tebboune ainsi que d’autres responsables algériens. Il a plaidé pour une activation nettement plus soutenue des procédures de reconduite.
Ces mesures concernent en priorité les ressortissants algériens présents illégalement sur le sol espagnol. Madrid espère ainsi obtenir une coopération accrue d’Alger pour fluidifier ces opérations de retour vers le pays d’origine.
Une situation mieux maîtrisée aux îles Baléares
Pedro Sanchez a admis que les flux migratoires irréguliers vers les Baléares sont davantage contenus qu’au cours de l’année précédente. Il a toutefois nuancé son propos en soulignant que la tension migratoire reste bien présente sur l’archipel.
Ce constat a fait l’objet d’échanges avec Marga Prohens, présidente du gouvernement régional des Baléares. Les deux responsables ont également passé en revue l’évolution du partenariat avec l’Algérie, marqué par une hausse des débarquements d’embarcations transportant des migrants.
Le chef du gouvernement espagnol a insisté sur la prudence avec laquelle Madrid observe cette évolution. Il a réaffirmé sa volonté d’agir de concert avec l’exécutif régional et d’approfondir la collaboration avec Alger sur ce terrain sensible.
Un contraste marqué avec le Maroc
Si les relations Espagne-Algérie s’inscrivent dans une trajectoire favorable, la situation avec Rabat apparaît nettement plus tendue. Le Maroc demeure un point de départ pour des milliers de candidats à l’exil.
Ces migrants prennent notamment la route des îles Canaries et des enclaves de Ceuta et Melilla. Ces derniers jours, Ceuta fait justement face à un afflux considérable de jeunes Marocains cherchant à franchir la frontière.
Ce rapprochement affiché entre Madrid et Alger illustre une volonté commune de coordonner davantage la gestion des flux migratoires. Reste à mesurer si ce « tournant » évoqué par Pedro Sanchez se traduira concrètement sur le terrain dans les mois à venir.