Le site du Rassemblement national a été victime d’un piratage informatique dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet. Les intrus ont modifié plusieurs pages du parti d’extrême droite, remplaçant les visuels de Marine Le Pen par une image aux couleurs des drapeaux algérien et marocain. Le parti assure toutefois qu’aucune fuite massive de données personnelles n’a été confirmée à ce stade.
Le site du Rassemblement national ciblé par une cyberattaque
Le RN a reconnu avoir repéré une tentative d’intrusion qualifiée de « malveillante » sur son site internet. L’opération relève de ce que les spécialistes appellent le defacing, une méthode qui consiste à altérer l’apparence d’une page web sans forcément en prendre le contrôle total.
Sur plusieurs pages du parti, le portrait de Marine Le Pen a été remplacé par le dessin d’un chat stylisé arborant les couleurs des drapeaux algérien et marocain. Ce visuel s’accompagnait d’un message narquois : « Brigade larguée, 2 clics de retard ».
Les modifications ont été observées durant la nuit puis pendant la matinée du 21 juillet. Les équipes techniques du mouvement ont aussitôt engagé des mesures pour restaurer les contenus altérés et renforcer la protection de leurs outils numériques.
Le compte X de Marine Le Pen aussi piraté
En parallèle de l’attaque contre le site, le compte X de Marine Le Pen a également été compromis. Les pirates y ont diffusé un message vantant une prétendue cryptomonnaie baptisée $LEPEN, dans une manœuvre à visée frauduleuse.
La publication a été retirée quelques minutes seulement après sa mise en ligne. Le RN a confirmé que le compte de sa cheffe de file avait bien été détourné et a indiqué œuvrer à sa remise en état rapide.
🔴🇫🇷 Le site du Rassemblement national a été piraté, les hackers revendiquent une fuite de données des candidats.
Le parti confirme une « intrusion » et annonce porter plainte.
La tête de Marine Le Pen a été remplacée sur le site par un chat enveloppé des drapeaux algériens et… pic.twitter.com/tomxva2TDe
— 💤Lourau🇨🇵 (@Lourau20e) July 21, 2026
Le Rassemblement national dément une fuite de données massive
Au-delà du piratage visible du site et du compte social, les auteurs de l’intrusion affirment avoir mis la main sur des informations personnelles appartenant à des membres du parti. Ils revendiquent notamment l’extraction de données via une application web reliée au site officiel.
De son côté, le RN soutient que ses vérifications internes n’ont révélé aucune fuite d’envergure touchant ses cadres ou ses adhérents. Les premières analyses techniques minimisent l’ampleur de la brèche.
D’après le mouvement, l’accès frauduleux aurait surtout concerné le compte d’un ancien candidat aux élections municipales, ainsi que les données liées à ses colistiers. Le parti attribue cette intrusion à l’usage d’un mot de passe jugé trop fragile.
Des informations personnelles potentiellement compromises
Des documents relayés par certains médias français indiquent malgré tout que plusieurs informations sensibles auraient pu être siphonnées par les pirates. Parmi elles figureraient des adresses électroniques et des numéros de Sécurité sociale, sans que le nombre précis de personnes touchées soit connu.
Les responsables présumés de l’attaque auraient par ailleurs menacé de revendre ces données sur des canaux illicites. Le Rassemblement national a annoncé le dépôt d’une plainte afin d’identifier les auteurs de cette cyberattaque.
Les enquêtes devront désormais mesurer l’étendue réelle de l’intrusion, remonter à l’origine des hackers et préciser la nature exacte des informations éventuellement dérobées.
Un symbole maghrébin au cœur de l’incident
Le choix des couleurs algériennes et marocaines pour recouvrir l’image de la dirigeante n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre le RN et les pays du Maghreb, la formation ayant multiplié les prises de position hostiles à l’immigration nord-africaine.
Marine Le Pen s’est notamment illustrée par des propositions visant à restreindre drastiquement la délivrance de visas aux ressortissants algériens. Ce piratage, en détournant des symboles maghrébins, semble vouloir tourner en dérision le discours du parti sur ces sujets.
L’association des drapeaux algérien et marocain sur un même visuel demeure toutefois inhabituelle, tant les relations entre Alger et Rabat traversent une phase de fortes crispations diplomatiques.
Cet épisode illustre la vulnérabilité croissante des formations politiques face aux cyberattaques, particulièrement en période sensible. Les prochains jours permettront de mesurer si les données évoquées ont réellement été exposées et quelles suites judiciaires découleront de cette intrusion revendiquée.