La question de savoir si Zinédine Zidane a été contacté par l’Algérie a longtemps agité les passionnés de football des deux rives de la Méditerranée. Fils de parents kabyles, l’ancien meneur de jeu aurait pu, selon la légende, défendre les couleurs des Fennecs avant d’opter pour l’équipe de France. L’intéressé a récemment tranché ce débat de manière limpide.
Depuis les années 1990, un récit circule dans les milieux du ballon rond. À l’époque où il évoluait à l’AS Cannes, le jeune Zidane aurait été suggéré à la Fédération algérienne de football (FAF). Le sélectionneur d’alors, Abdelhamid Kermali, aurait décliné l’idée, jugeant le futur crack « trop lent » ou « trop lourd » pour intégrer sa sélection.
Cette anecdote s’est peu à peu transformée en mythe, devenant l’une des histoires les plus répétées du football algérien. Pourtant, les faits pourraient bien contredire cette version tenace, longtemps colportée sans véritable vérification.
Zidane dément tout contact avec la Fédération algérienne
La thèse d’un refus des Fennecs a été sérieusement remise en question par un témoignage direct. Le journaliste algérien Lakhdar Berriche, ancien collaborateur de BeIN Sports et désormais présentateur sur Sport Plus, affirme avoir posé la question au principal intéressé.
Selon ses déclarations, Berriche a interrogé Zinédine Zidane sur cette affaire à l’époque où l’ancien numéro 10 entraînait le Real Madrid. La réponse du champion aurait été catégorique et sans la moindre ambiguïté.
Zidane aurait affirmé que ni un dirigeant de la Fédération algérienne, ni un sélectionneur, ne l’avait jamais approché durant sa jeunesse. Cette mise au point balaie ainsi l’idée selon laquelle le futur champion du monde aurait été écarté par l’équipe d’Algérie.
Les règlements de la FIFA fragilisent la rumeur
Au-delà du témoignage recueilli par le journaliste, le contexte réglementaire de l’époque appuie fortement cette version des faits. À la fin des années 1980, Zidane figurait déjà dans les sélections françaises de jeunes.
Les règles encadrant les changements de nationalité sportive étaient alors bien plus rigides qu’aujourd’hui. Un joueur déjà engagé avec une fédération dans les catégories de jeunes disposait de très peu de marge pour représenter ensuite un autre pays.
Ce cadre strict rendait donc quasiment impossible un tel revirement pour le natif de Marseille. Il faudra attendre 2009 pour que la FIFA assouplisse ces dispositions, autorisant certains joueurs binationaux à changer de sélection sous conditions précises.
Une histoire née d’une confusion tenace
Cette combinaison d’éléments montre que la fameuse anecdote reposait sur des bases fragiles. Le récit d’un Zidane recalé par Kermali relève probablement davantage de la légende populaire que de la réalité historique.
Un attachement revendiqué à ses racines algériennes
Même s’il n’a jamais enfilé le maillot vert et blanc des Fennecs, Zidane n’a jamais renié ses origines. Né à Marseille en 1972 de parents venus de Kabylie, il a régulièrement exprimé sa fierté vis-à-vis de son héritage familial.
Tout au long de sa carrière, l’ancien meneur de jeu a entretenu un lien fort avec l’Algérie et ses racines. Ce rapport intime à ses origines maghrébines a d’ailleurs nourri, en partie, la persistance de cette rumeur autour d’un éventuel choix entre les deux nations.
Sur le plan sportif, son palmarès parle de lui-même. Champion du monde en 1998, vainqueur de l’Euro 2000 et lauréat du Ballon d’Or cette même année, il s’est imposé comme une figure majeure du football tricolore.
Sa carrière d’entraîneur a ensuite renforcé cette stature de légende, notamment grâce à ses succès retentissants sur le banc du Real Madrid. Rares sont les personnalités ayant brillé avec un tel éclat, à la fois comme joueur et comme technicien.
Un débat désormais clos autour de Zidane et l’Algérie
L’évocation de son nom pour prendre les rênes de la sélection française a récemment ravivé l’intérêt pour cette vieille histoire. À chaque étape marquante de son parcours, la question de ses liens avec l’Algérie ressurgit dans l’espace médiatique.
Cette fois, les mots attribués à l’ancien capitaine des Bleus semblent bien mettre un point final au débat. Selon ses propres déclarations, aucun responsable de la Fédération algérienne ne l’aurait jamais sollicité.
En définitive, l’affaire du prétendu contact entre Zidane et l’Algérie relève davantage du folklore que du fait avéré. Si l’homme demeure profondément attaché à ses origines kabyles, son destin footballistique s’est écrit sous les couleurs de la France, sans qu’un choix cornélien n’ait jamais réellement existé.
