Trois Algériens portés disparus en tentant de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta à la nage : c’est le drame qui secoue la communauté maghrébine depuis le vendredi 17 juillet 2026. Les trois amis ont lancé un ultime appel de détresse avant que tout contact ne soit rompu au large des côtes marocaines.
Trois jeunes Algériens disparus en mer vers Ceuta
Mustafa, 32 ans, Omar, 42 ans, et Iskandar, 20 ans, n’ont plus donné signe de vie depuis le vendredi 17 juillet 2026. Originaires d’Algérie, ils avaient entrepris de gagner Ceuta à la nage depuis la région de Fnideq, dans le nord du Maroc.
D’après les informations diffusées par la presse locale de l’enclave, les trois hommes seraient entrés dans l’eau aux alentours de 7 heures du matin. Ils étaient équipés de combinaisons en néoprène de couleurs bleue, grise et noire, ainsi que de palmes pour faciliter leur progression.
Leur but était de contourner par la mer le poste-frontière du Tarajal afin de fouler le sol espagnol. Une manœuvre risquée qui vise à éviter les dispositifs de surveillance terrestres déployés sur cette zone stratégique.
Un dernier appel de détresse avant le silence
Durant la traversée, les trois amis sont parvenus à passer un ultime coup de téléphone. Ils ont indiqué être en pleine mer, apercevoir une montagne au loin et réclamer des secours de toute urgence.
La communication s’est brutalement interrompue. Depuis cet appel, aucune trace des trois nageurs n’a été retrouvée, ni par les proches, ni par les autorités de la région.
Appel à témoins et angoisse des familles algériennes
L’inquiétude a rapidement gagné les Algériens installés à Ceuta. Amis et proches ont relayé les photographies des trois disparus sur les réseaux sociaux, dans l’espoir de recueillir la moindre information.
Un appel à témoins a ainsi été lancé pour tenter de localiser Mustafa, Omar et Iskandar. Pour leurs familles, chaque heure qui s’écoule sans nouvelle nourrit une détresse grandissante.
La dernière fois qu’ils se sont manifestés, les trois hommes se trouvaient encore en mer. Depuis, le silence radio alimente les pires craintes quant à leur sort.
Ceuta, l’une des routes migratoires les plus dangereuses
Cette disparition illustre la multiplication des tentatives de franchissement à la nage entre les côtes marocaines de Fnideq et l’enclave de Ceuta. Sur une distance de quelques kilomètres seulement, ce trajet reste l’un des plus périlleux de la Méditerranée occidentale.
Les courants marins, la température de l’eau et le renforcement de la surveillance frontalière transforment cette voie en piège mortel. Chaque traversée expose les candidats à l’exil à un danger considérable.
Tres amigos argelinos, desaparecidos al cruzar de #Marruecos a #Ceuta https://t.co/yW7ZLaIu14
— El Faro de Ceuta (@ElFarodeCeuta) July 18, 2026
Un bilan humain de plus en plus lourd
Selon des chiffres attribués au service de communication de la Guardia Civil, 46 corps de migrants ont été repêchés sur le littoral de Ceuta au cours de l’année 2025. Un triste record pour l’enclave espagnole.
Depuis le début de l’année 2026, 21 décès ont déjà été recensés. Ce chiffre équivaut au total enregistré sur l’ensemble de l’année 2024, signe d’une aggravation préoccupante.
Des ressortissants algériens sont régulièrement identifiés sur cet itinéraire traversant le nord du Maroc. Une présence d’autant plus frappante que la frontière terrestre entre Alger et Rabat demeure fermée depuis 1994.
Pour tenter la traversée, la plupart des candidats à l’exil s’équipent de combinaisons en néoprène, de palmes et parfois de pochettes étanches destinées à protéger leur téléphone portable des infiltrations d’eau.
Ceuta, dernier front migratoire en progression depuis le Maroc
L’enclave de Ceuta reste un point d’accès privilégié vers l’Europe. Les flux migratoires transitant par le Maroc ont pourtant reculé ces dernières années, dans le sillage du rapprochement diplomatique entre Madrid et Rabat.
Ce renforcement de la coopération sécuritaire a réduit les arrivées irrégulières sur la plupart des points de passage. Selon plusieurs sources médiatiques, Ceuta constitue désormais le seul front migratoire en provenance du Maroc où les entrées clandestines continuent d’augmenter.
Cette hausse s’explique en grande partie par les tentatives répétées de franchissement à la nage, moins dépendantes des réseaux de passeurs que les traversées en embarcation.
Ce que révèlent les données de Frontex
Dans son bilan publié le 10 juillet 2026, l’agence Frontex fait état d’un recul de 37 % des franchissements irréguliers aux frontières extérieures de l’Union européenne sur le premier semestre de l’année.
La route de la Méditerranée occidentale fait toutefois figure d’exception. Elle a enregistré une hausse de 17 % des détections, une progression principalement alimentée par les départs depuis les côtes algériennes.
La disparition de Mustafa, Omar et Iskandar rappelle le prix humain de ces traversées désespérées vers Ceuta. Tant que les perspectives d’avenir resteront limitées pour de nombreux jeunes du Maghreb, cette route mortelle continuera d’attirer des candidats prêts à tout risquer.
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