La question des visas Schengen pour les Algériens revient au premier plan des relations franco-algériennes. L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, s’est engagé à ramener la délivrance des visas à un niveau comparable à celui d’avant la crise diplomatique, et ce dès cet été. Une annonce attendue par de nombreux demandeurs confrontés depuis des mois à un véritable parcours du combattant administratif.
Visas Schengen : un retour à la normale annoncé pour l’été
Interrogé sur la politique d’octroi des visas aux ressortissants algériens, le diplomate français a affiché sa volonté de renouer avec un fonctionnement plus fluide. Selon lui, l’objectif est clair : revenir à une situation dite « normale » dans les prochains mois.
Cette baisse de la délivrance des visas a touché de nombreuses catégories de voyageurs. Stéphane Romatet a notamment cité les entrepreneurs algériens désireux de développer des activités commerciales en France, mais aussi les familles souhaitant simplement rendre visite à leurs proches installés de l’autre côté de la Méditerranée.
L’ambassadeur a par ailleurs rappelé que le phénomène fonctionne dans les deux sens. Les ressortissants français rencontrent eux aussi des obstacles lorsqu’ils souhaitent obtenir un visa pour se rendre en Algérie.
Visas France – Algérie : la question des rendez-vous consulaires
Pour le représentant de la France à Alger, la priorité consiste à éviter que la politique migratoire ne pénalise les Algériens ayant des raisons légitimes de voyager. « Notre politique des visas ne doit pas compliquer les déplacements vers la France », a-t-il résumé en substance.
L’un des principaux points de blocage reste, selon lui, le manque de personnel au Consulat de France à Alger. Depuis plusieurs mois, les demandeurs dénoncent régulièrement l’extrême difficulté à obtenir un simple rendez-vous pour déposer leur dossier de visa Schengen.
Arrivé à son poste il y a deux mois, Stéphane Romatet assure faire de ce chantier une urgence. Sa première mission, dit-il, est de remettre à niveau les réseaux diplomatiques et consulaires français présents dans le pays.
Des délais qui pénalisent les voyageurs algériens
La saturation des créneaux de dépôt figure parmi les frustrations les plus partagées par les candidats au voyage. Sans rendez-vous accessible, impossible d’enclencher la procédure, même pour les dossiers solides et parfaitement constitués.
Visas pour les Algériens : retrouver le seuil des 250 000 par an
Pour redresser la situation, l’ambassadeur entend d’abord relancer l’attribution des rendez-vous. Avant la dégradation des relations bilatérales, la France délivrait environ 250 000 visas par an aux Algériens, d’après les statistiques du ministère français de l’Intérieur.
« Ce chiffre a fortement diminué à cause des difficultés que j’évoque », a reconnu le diplomate. Son ambition est d’inverser la tendance et de faire remonter progressivement le volume de visas accordés aux citoyens algériens réunissant les conditions requises.
L’objectif affiché est donc de renouer, à terme, avec les niveaux enregistrés avant la période de tensions entre Paris et Alger.
Une crise diplomatique aux lourdes conséquences consulaires
Le déficit d’effectifs au sein des services consulaires français découle directement des tensions qui ont marqué les relations entre les deux États pendant près de deux ans, selon Stéphane Romatet.
« Cette crise a affecté le dispositif diplomatique et consulaire français en Algérie, tout comme elle a pesé sur le dispositif algérien en France », a-t-il souligné. Les répercussions ont donc été symétriques, freinant la mobilité des ressortissants des deux pays.
L’ambassadeur souhaite désormais que les ambassades et consulats retrouvent l’ensemble des moyens humains nécessaires. Ce renforcement concernerait tous les domaines d’activité, sans exception.
Un déploiement des effectifs prévu dès l’été
Selon le diplomate, les personnels indispensables à l’accomplissement des missions consulaires en Algérie devraient être en poste dès la saison estivale. « Nous discutons actuellement pour que l’intégralité des effectifs nécessaires soit en place dès cet été », a-t-il précisé.
Cette montée en puissance concernera également les services chargés des Algériens résidant en France. Le renforcement des équipes consulaires vise ainsi à augmenter progressivement le nombre de visas délivrés et à rétablir le rythme antérieur.
Le retour aux chiffres d’avant-crise constitue donc un signal fort dans le processus de normalisation entre Paris et Alger. Reste à observer si les engagements sur le renforcement des effectifs se traduiront concrètement dès l’été pour les milliers d’Algériens en attente d’un visa Schengen.

