La critique après l’élimination de l’Algérie du Mondial 2026 se concentre sur un seul homme : Vladimir Petkovic. Le sélectionneur suisse est devenu la cible principale des reproches depuis la défaite des Fennecs contre la Suisse (0-2), disputée ce vendredi 3 juillet à Vancouver. Une sortie de route qui ravive les tensions autour du football algérien.
Le paradoxe est saisissant. La Nati, adversaire des Verts en huitièmes, n’a rien d’une équipe redoutable. Il s’agissait même de sa première victoire dans un match à élimination directe en Coupe du monde depuis 88 ans. De quoi rendre l’échec algérien encore plus amer aux yeux des supporters.
Une élimination de l’Algérie au Mondial 2026 qui couvait depuis le début
Les reproches adressés à l’ancien coach de la sélection helvétique ne datent pas de vendredi. Ils sont nés dès la lourde défaite face à l’Argentine (0-3) lors de la première journée du tournoi américain. Ses choix tactiques et le visage terne affiché par ses joueurs avaient déjà interrogé.
La contestation a ensuite pris de l’ampleur. La victoire poussive contre la Jordanie (2-1), puis le nul spectaculaire mais frustrant face à l’Autriche (3-3), n’ont fait qu’alimenter le doute. L’élimination des Fennecs a finalement transformé ces réserves en véritable tempête.
Ce qui blesse le plus les fans n’est pas tant la fin du parcours que la manière. Les Verts ont paru apathiques, sans envie ni engagement sur le terrain. Certains supporters réclament désormais le départ du technicien, tandis que d’autres dénoncent les failles structurelles du football national.
La gestion de la FAF pointée du doigt
Au-delà du sélectionneur, une partie des critiques vise la Fédération algérienne de football. Beaucoup lui reprochent d’avoir prolongé précipitamment le contrat de Petkovic avant même le début de la Coupe du monde 2026. Une décision jugée hâtive au regard du bilan affiché durant la compétition.
Rabah Madjer charge le sélectionneur des Fennecs
Parmi les voix les plus dures, celle de Rabah Madjer résonne fortement. L’ancienne gloire des Verts n’a pas mâché ses mots concernant la préparation du match face à la Suisse. Selon lui, la défaite était logique au vu des décisions du staff technique.
« Petković a pris des décisions catastrophiques qui ont démoralisé les joueurs algériens, et cette défaite est méritée à mon sens », a-t-il lancé sur le plateau de l’émission Nadina. L’ex-attaquant reconnaît un manque de maturité collective, mais insiste surtout sur les erreurs de composition.
Il vise notamment le positionnement de certains éléments. « L’entraîneur a également abordé le match avec une composition erronée, en écartant certains joueurs et en alignant le jeune Ibrahim Mazza au poste de faux attaquant, un rôle très éloigné de ses capacités », a-t-il détaillé.
Nabil Djellit déplore l’absence d’émotions
Le journaliste franco-algérien Nabil Djellit a lui aussi résumé le sentiment des supporters. À ses yeux, le parcours au Mondial fut clairement manqué, marqué par une incapacité à rivaliser avec les grandes nations présentes dans le tournoi.
« La Coupe du monde de l’Algérie est ratée. Largement dominée face à l’Argentine et à la Suisse. Dans les deux cas, il n’y a pas eu match. On a écrasé la Jordanie (2-1) et un match cool contre l’Autriche (3-3) », a-t-il écrit. Et de conclure : « Le pire, c’est bien le peu d’émotions ressenties. À l’image de Petkovic… »
Vladimir Petkovic répond aux critiques après l’élimination
La presse française a également été sévère avec la sélection algérienne. Selon Le Parisien, les Fennecs ont traversé ce huitième de finale comme une grande partie du tournoi : « sans passion, sans folie et sans saveur ». Un constat partagé bien au-delà des frontières.
Rafik Halliche, ancien défenseur international des Verts, a également exprimé son incompréhension. « Je ne comprends pas Petković. Croyez-moi, je ne le comprends pas. Il mélange tout : aucun joueur n’évolue à son vrai poste, personne n’est utilisé dans les bonnes conditions », a-t-il déploré.
L’ancien joueur a poussé plus loin son analyse. « Le niveau de jeu est très faible, cette équipe n’a aucune identité sous Petković », a-t-il ajouté. Un jugement qui rejoint le sentiment d’une majorité d’observateurs après cette élimination.
Le technicien suisse défend son bilan
Malgré cette vague de reproches, Vladimir Petkovic ne partage pas l’avis de ses détracteurs. Le coach estime au contraire avoir réalisé un parcours honorable avec la sélection algérienne, en évoquant même un « excellent résultat » lors du tournoi.
« Mon bilan ? Arriver après douze ans dans une compétition de ce genre est déjà un grand succès. Et passer la phase de poules, pour la deuxième fois, j’ai toujours considéré cela comme un excellent résultat », a-t-il assuré après la rencontre perdue contre la Suisse.
Le fossé entre la perception du sélectionneur et celle du public algérien semble aujourd’hui immense. Alors que Petkovic valorise la qualification en phase finale, les supporters attendaient bien plus qu’un simple passage éclair. L’avenir du technicien sur le banc des Verts s’annonce désormais incertain.
