La suppression du droit du sol s’impose comme l’une des mesures phares du programme de Bruno Retailleau pour la présidentielle de 2027. Le président des Républicains, ancien locataire de la place Beauvau, entend bouleverser les règles d’accès à la nationalité française. Cette annonce s’inscrit dans un vaste ensemble de propositions destinées à durcir la politique migratoire du pays.
Retailleau veut en finir avec le droit du sol pour la nationalité française
Dans un entretien diffusé le mardi 30 juin 2026, Bruno Retailleau a clairement affiché sa position. « Sur le droit du sol, je suis pour sa suppression », a déclaré le candidat Les Républicains. Il vise ainsi le mécanisme d’attribution automatique de la nationalité française aux personnes nées sur le sol national.
Pour justifier cette orientation, l’homme politique invoque la notion d’assimilation, qu’il juge défaillante. À ses yeux, cette assimilation constituait la « contrepartie » du droit du sol. Or, il estime que ce modèle « ne fonctionne plus » aujourd’hui dans la société française.
L’ancien ministre de l’Intérieur a bâti sa campagne autour de l’immigration, thème central de son projet politique. Cette proposition de réforme de la nationalité s’insère dans une série de dispositions visant à resserrer les conditions d’entrée et de séjour des étrangers en France.
Un sujet sensible pour les ressortissants du Maghreb
La question du droit du sol touche directement de nombreuses familles originaires du Maghreb installées en France. Une telle réforme modifierait en profondeur le parcours d’accès à la nationalité pour les enfants nés sur le territoire de parents algériens, marocains ou tunisiens. Ce débat résonne particulièrement au sein des communautés maghrébines de l’Hexagone.
Regroupement familial et aides sociales dans la ligne de mire
Au-delà de la nationalité française, Bruno Retailleau souhaite « réduire drastiquement » le regroupement familial. Il n’a toutefois avancé aucun chiffre ni seuil précis lors de son intervention. Ce dispositif permet aux étrangers en situation régulière de faire venir leurs proches sur le sol français.
Le candidat a également ciblé les prestations sociales versées aux nouveaux arrivants. Il propose de « mettre fin aux aides automatiques pour les étrangers qui arrivent en France ». Selon lui, l’accès à ces soutiens devrait être conditionné à un parcours d’installation plus long.
Concrètement, l’élu réclame « cinq ans de présence légale et de travail » avant toute ouverture de droits. Cette mesure instaurerait un véritable délai de carence pour les prestations sociales destinées aux étrangers récemment installés.
La vision européenne de Retailleau sur l’immigration
Bruno Retailleau ne limite pas son projet aux frontières françaises. En cas de victoire en 2027, il promet de rallier la France à une « coalition d’États » favorables à la « fermeté migratoire ». Il cite en exemple l’Italie dirigée par Giorgia Meloni.
Le président des Républicains veut que Paris pèse « de tout son poids » dans ce qu’il qualifie de « combat » migratoire à l’échelle du continent. Il entend ainsi peser sur les orientations de l’Union européenne en la matière.
Il a par ailleurs critiqué l’exécutif espagnol de Pedro Sánchez, qui a régularisé un demi-million de sans-papiers. Retailleau s’est engagé à « changer les règles européennes » afin que les visas territorialisés restent limités au pays qui les délivre.
Un discours ferme sur l’avenir du continent africain
Le candidat a tenu à écarter tout lien entre enjeux climatiques et migrations. Il a exclu que « le changement climatique serve de prétexte à un changement de civilisation ». Une formule qui traduit une lecture identitaire de la question migratoire.
Bruno Retailleau a enfin affirmé que « l’avenir de l’Afrique n’est pas en Europe, mais sur le continent africain ». Cette déclaration vise directement les pays d’émigration, notamment ceux du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. Elle illustre sa volonté d’inverser les dynamiques migratoires actuelles.
Les propositions de Bruno Retailleau autour de la nationalité française et de la suppression du droit du sol dessinent une ligne dure pour 2027. Ces mesures, si elles étaient appliquées, transformeraient durablement le rapport entre la France et les populations issues de l’immigration. Reste à savoir quel écho elles rencontreront dans le débat public d’ici la présidentielle.
