Les visas pour la France destinés aux Algériens devraient bientôt retrouver leur cadence habituelle. Alors que les relations entre Paris et Alger se réchauffent peu à peu, après près de deux années de crispations diplomatiques, la délivrance des sésames franchit une étape décisive vers la normalisation.
Selon une source rapportée le mercredi 17 juin par un média algérien, l’octroi de visas aux ressortissants algériens par les autorités françaises devrait revenir à son rythme habituel dans les prochaines semaines.
Un retour à la normale des visas attendu pour l’été
Cette relance dépend avant tout du retour des agents au sein des consulats de France. D’après la même source, l’ambassade française en Algérie aurait perdu environ un tiers de ses effectifs consulaires entre 2024 et 2025.
« Dès que nous aurons retrouvé le niveau d’effectif d’avant, nous pourrons à nouveau délivrer le nombre normal de visas », assure cette source. Elle précise que ce rétablissement du rythme habituel dans la délivrance des visas Schengen pour la France interviendra « cet été ».
Une réduction annoncée fin août 2025
À la fin du mois d’août 2025, dans un climat de vives tensions entre les deux capitales, l’ambassade de France à Alger avait officialisé une diminution de la délivrance des visas. Cette baisse était liée à une « réduction significative » des effectifs présents dans les consulats d’Alger, d’Oran et d’Annaba.
La représentation diplomatique française avait expliqué que plusieurs de ses agents expatriés n’avaient pas reçu les visas ni les accréditations indispensables de la part des autorités algériennes. Cette situation avait fortement amputé les capacités opérationnelles des trois consulats français implantés sur le territoire algérien.
En conséquence, le nombre de rendez-vous proposés via Capago Algérie, le prestataire chargé des dossiers consulaires, avait été revu à la baisse. L’objectif affiché était de préserver des délais de traitement « aussi raisonnables que possible » malgré les contraintes.
La baisse des effectifs consulaires au cœur du problème
Depuis cette décision, les visas français ne sont accordés qu’au compte-gouttes à certaines catégories de demandeurs. Les renouvellements, les proches de citoyens français et les étudiants restent prioritaires, tandis que les primo-demandeurs de visas Schengen se heurtent à de nombreux refus.
La tendance semble toutefois s’inverser de manière encourageante. Au début du mois de mai, la présidence française a confirmé le retour de l’ambassadeur de France à Alger ainsi que « la reprise de la coopération consulaire » entre les deux pays.
De nouveaux agents bientôt en poste
Par ailleurs, plusieurs sources ont indiqué que l’Algérie aurait délivré des accréditations à de nouveaux agents consulaires français. Ces personnels devraient prochainement rejoindre leurs affectations au sein des représentations diplomatiques.
Il ne s’agit donc plus que d’une question de temps avant que ces agents accrédités reprennent pleinement leurs fonctions dans les consulats de France en Algérie. Ce renfort permettra mécaniquement de traiter un volume plus important de demandes de visas.
Quelles conséquences pour les demandeurs algériens ?
Pour les nombreux candidats au départ, ce dégel s’annonce comme une bouffée d’oxygène. Les étudiants, les familles et les voyageurs réguliers devraient retrouver des conditions d’accès aux visas plus fluides dans les mois qui viennent.
Cette détente s’inscrit dans une dynamique plus large de réconciliation entre Paris et Alger. La normalisation des procédures consulaires reflète la volonté commune de tourner la page des tensions accumulées depuis l’été 2024.
En définitive, le retour à un rythme normal de délivrance des visas pour la France marque un signal positif dans la relation franco-algérienne. Reste désormais à observer si le calendrier annoncé pour l’été sera tenu et si les demandeurs constateront concrètement une amélioration sur le terrain.