Une enquête relayée par la presse française met en lumière un trafic de voitures volées depuis la France vers l’Algérie. Une opération de contrôle menée au port de Sète révèle l’ampleur d’un phénomène structuré, alimenté par des réseaux organisés et difficile à enrayer une fois les véhicules sortis du territoire français.
Une opération de contrôle ciblée au port de Sète
Le mercredi 20 mai 2026, une vaste opération de surveillance est menée à la gare maritime Orsetti de Sète, en France, lors de l’embarquement d’un ferry à destination de Béjaïa, en Algérie. Selon les informations rapportées par Midi Libre, 700 passagers et plus de 400 véhicules sont contrôlés à cette occasion. L’intervention mobilise la Police aux frontières, des experts du groupement d’assureurs Argos ainsi que des représentants du secteur de la location automobile.
Positionnés après le passage aux frontières, les agents procèdent à des vérifications approfondies des véhicules embarqués. Les spécialistes s’appuient sur des bases de données et des critères techniques précis pour identifier d’éventuelles voitures volées, notamment les modèles récents, les grosses berlines ou encore les véhicules munis de plaques provisoires.
Un trafic structuré et difficile à endiguer
D’après les éléments recueillis lors de ces contrôles, entre deux et cinq véhicules volés seraient détectés à chaque traversée. Les enquêteurs expliquent que ce chiffre pourrait être sous-estimé, certains véhicules échappant aux contrôles ou étant introduits par des intermédiaires organisés. Les réseaux criminels utiliseraient notamment des achats de billets de dernière minute et des désistements pour brouiller les pistes.
Les modèles les plus ciblés seraient principalement des véhicules de marques françaises et allemandes, notamment des SUV récents issus de grands constructeurs comme Peugeot ou Volkswagen. Les réseaux s’appuient sur des documents falsifiés, des garages fictifs et de fausses immatriculations provisoires pour masquer l’origine réelle des véhicules avant leur exportation.
Des pertes importantes et une coopération limitée
Les professionnels du secteur estiment que ce trafic représente un préjudice financier important, avec plusieurs milliers de véhicules volés chaque année en France, dont une partie est destinée au Maghreb. Les ports de Sète et de Marseille sont identifiés comme des points de sortie majeurs de ces filières organisées.
Une fois les véhicules introduits en Algérie, les possibilités de récupération deviennent très limitées, en raison de l’absence de mécanismes de coopération opérationnelle entre les deux pays sur ce type de contentieux. Les acteurs du secteur appellent donc à renforcer les contrôles en amont et à mieux coordonner les bases de données entre assureurs, loueurs et forces de l’ordre afin de freiner ce phénomène en pleine expansion.