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Zéribi recadre Zemmour après une attaque sur ses racines algériennes

La confrontation entre Karim Zéribi et Éric Zemmour illustre une nouvelle fois les tensions autour du parti Reconquête. Après avoir réclamé la dissolution de cette formation, l’ancien député européen d’origine algérienne a été renvoyé à ses racines par le polémiste. Une riposte cinglante n’a pas tardé à suivre.

Zemmour esquive le débat et renvoie Karim Zéribi à ses origines algériennes

À la suite de l’attentat survenu à Trappes, Karim Zéribi a lancé le 26 octobre une pétition réclamant l’interdiction du mouvement dirigé par Éric Zemmour et Sarah Knafo. Cette initiative a aussitôt déclenché une vive réaction.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le fondateur de Reconquête a préféré contourner le fond du dossier. Il a choisi de pointer les origines de son contradicteur plutôt que de répondre sur les faits reprochés à sa formation politique.

« Je constate que vous demandez l’interdiction de mon parti et la censure de ma parole. Je voudrais tout simplement vous rappeler qu’ici nous sommes en France, nous ne sommes pas en Algérie », a déclaré le polémiste à l’adresse de l’ancien élu.

En réponse, Karim Zéribi a publié un communiqué dans lequel il refuse d’éluder le véritable enjeu. Contrairement à son interlocuteur, il assume pleinement sa demande d’interdiction du parti et en défend la légitimité.

« Eric Zemmour n’a trouvé qu’un argument dans une vidéo qu’il a postée sur ses réseaux sociaux : me renvoyer à mes origines algériennes, en opposant la France à l’Algérie », a-t-il écrit, dénonçant une diversion.

Revendiquant fièrement ses racines, le fondateur du Conseil mondial de la diaspora algérienne (CMDA) a tenu à recentrer le débat sur l’essentiel, « puisque c’est précisément ce qu’Éric Zemmour cherche à éviter ».

« La provocation à la haine raciale n’est pas une opinion politique »

Pour l’ancien eurodéputé, la pétition qu’il a lancée soulève une interrogation à la fois politique et juridique majeure. Il la formule ainsi : « Où s’arrête la liberté d’expression et où commencent les infractions réprimées par les lois de la République ? »

Selon lui, certaines pratiques ne relèvent en aucun cas du simple débat d’idées. « Insulter, stigmatiser, essentialiser des populations entières en raison de leurs origines ou de leur religion, et provoquer à la haine raciale ou religieuse ne sauraient être systématiquement présentés comme de simples opinions politiques », martèle-t-il.

Karim Zéribi insiste sur un point qu’il juge fondamental : « le racisme n’est pas une opinion comme une autre ». Il rappelle que les « injures racistes et la provocation à la haine raciale ou religieuse sont des infractions prévues et sanctionnées par la loi française ».

L’ancien élu balaie ainsi l’idée selon laquelle réclamer la dissolution d’un parti, dans le cadre légal, porterait atteinte à la démocratie. Pour lui, un tel raisonnement revient à « entretenir une confusion dangereuse entre liberté politique et impunité ».

Une démarche encadrée par le droit

Karim Zéribi tient à dissiper tout malentendu sur la portée de son initiative. Sa pétition ne vise nullement à « supprimer le débat démocratique », précise-t-il dans son communiqué.

Il s’agit avant tout d’inviter les institutions de la République à « examiner les responsabilités d’une formation politique au regard des limites fixées par notre droit ». L’objectif reste donc strictement légal et procédural.

« La France mérite mieux que la confusion entre liberté et impunité »

Dans sa conclusion, l’ancien eurodéputé estime que Zemmour et ses partisans entretiennent une méprise volontaire. Selon lui, ils confondent « la démocratie avec la possibilité de provoquer à la haine ».

Karim Zéribi rappelle que la République protège le droit de penser, de débattre et de contester. Mais elle « ne garantit à personne un droit à la discrimination ou à la provocation à la haine », souligne-t-il avec force.

« La France est notre bien commun. Elle mérite mieux que l’assignation identitaire, la stigmatisation et la confusion permanente entre liberté et impunité », a-t-il conclu, affirmant son attachement aux valeurs républicaines.

Cette joute verbale entre Karim Zéribi et Éric Zemmour dépasse largement le cas personnel des deux hommes. Elle pose la question sensible des frontières entre expression politique et discours de haine. Un débat appelé à se poursuivre bien au-delà de cet épisode.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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