Un gendarme français d’origine algérienne a partagé son expérience marquée par des comportements et des propos racistes au sein de la Garde républicaine. Son histoire souligne des actes de discrimination qui se seraient prolongés sur plusieurs années, touchant non seulement sa vie professionnelle, mais aussi sa vie personnelle, sa famille et ses amis.
Mise à l’écart et microagressions constantes
Rayan, un gendarme âgé de 29 ans, a ressenti une exclusion dès son arrivée dans son unité. Selon ses dires, son supérieur lui aurait fait des remarques telles que : « Tu viens de la banlieue, ici, on a des gens des zones rurales » ou encore, « c’est des Blancs, ils ne sont pas habitués à voir des Arabes du 93 en jogging ». Ces propos ont créé un fossé entre lui et ses collègues.
Dès ses débuts, il a dû faire face à des microagressions répétées. Des commentaires ont été faits sur son utilisation de la langue arabe avec sa famille en Algérie, ainsi que sur ses pratiques religieuses, notamment pendant le Ramadan. Ses collègues surveillaient attentivement ses comportements et lui posaient des questions intrusives, contribuant à un climat de méfiance permanent.
Incidents marquants et courriers menaçants
Le 16 décembre 2025, Rayan a reçu une lettre d’intimidation dans sa boîte aux lettres, la qualifiant de « sale bougnoule » et lui demandant de « s’habiller comme un Français » en référence à un vêtement traditionnel algérien qu’il portait lors d’une célébration familiale. Cette lettre a incité Rayan à porter plainte le 17 décembre 2025, et il a été entendu par les gendarmes le 21 janvier 2026.
Des rapports d’incidents similaires se sont accumulés au fil des ans. Selon des sources, certains collègues lui ont demandé s’il connaissait une personne arrêtée pour avoir parlé arabe. Sa famille était également ciblée ; des contrôles étaient effectués sur ses proches à l’entrée de la caserne. Sa femme a même été interrogée sur une supposée violence domestique, illustrant ainsi des stéréotypes profondément enracinés.
Conséquences sur la santé et la vie personnelle
La situation a impacté la santé mentale de Rayan, qui a dû faire face à des arrêts maladie fréquents et a reçu un traitement médical. Son médecin a évoqué le risque de dépression, pendant que son frère affirmait que la pression constante au sein de la caserne le soumettait à une évaluation ininterrompue. De plus, sa femme a été convoquée et a reçu des propositions de relogement pour sa sécurité.
Son avocat, Seydi Ba, a déclaré que la longue carrière militaire de Rayan n’a pas réussi à le protéger du racisme au sein de son institution. Il a souligné que si le racisme persiste dans ce milieu, il existe également à d’autres niveaux de la société. De son côté, la gendarmerie nationale a annoncé l’ouverture d’une enquête et a rappelé ses initiatives visant à instaurer une tolérance zéro face à de telles pratiques discriminatoires.