Deux chauffeurs de taxi espagnols ont été jugés coupables de faire passer illégalement des migrants entre l’Espagne et la France. Le tribunal de Perpignan a prononcé mardi 6 janvier 2026 des peines de prison avec sursis à leur encontre. Les deux individus transportaient des Algériens et des Tunisiens en situation irrégulière pour un tarif de 400 euros par individu.
Mode opératoire utilisé pour le passage de clandestins
L’enquête a mis en lumière l’utilisation d’une méthode semblable pour les deux opérations. Les passagers étaient initialement pris en charge à la gare routière de Barcelone, un lieu reconnu pour l’organisation de ce type de trafic. Un intermédiaire, souvent de profil nord-africain, abordait les passants pour leur offrir un transport jusqu’en France.
Une fois dirigés vers les taxis, les voyageurs négociaient le tarif du trajet fixé à 400 euros, somme due avant le départ. Les chauffeurs les encourageaient à poursuivre leur voyage vers Narbonne, où les contrôles seraient moins fréquents, selon eux.
Défense des chauffeurs et décision judiciaire
Durant le procès à Perpignan, les deux chauffeurs ont plaidé leur innocence. Le chauffeur de 53 ans, avec trente ans de service, a insisté sur le fait qu’il ignorait la situation. Le second chauffeur était conscient de ne pas avoir vérifié l’identité de ses passagers. Les avocats ont argumenté que leurs clients n’avaient aucune obligation légale de demander des pièces justificatives d’identité.
Finalement, les juges ont rendu un verdict : un an de prison avec sursis et cinq ans d’interdiction de séjour en France pour chaque chauffeur. Un condamné a réagi en déclarant qu’il se considérait innocent. Il a mis en garde ses collègues contre les dangers de franchir la frontière avec des passagers inconnus.
