La flambée du prix du gaz en France relance le débat sur la stratégie énergétique de Paris vis-à-vis d’Alger. Alors que les tarifs facturés aux ménages grimpent de nouveau au 1er septembre, Ségolène Royal dénonce une posture qui profiterait davantage aux voisins européens qu’aux Français eux-mêmes. La présidente de l’association France-Algérie a choisi le réseau social X pour exprimer son indignation.
Une hausse du prix du gaz qui fragilise les ménages français
Selon les chiffres officiels, le tarif moyen du gaz destiné aux foyers a augmenté de 5,6 % à partir du 1er septembre. Cette progression porte la hausse cumulée à près de 84 % en l’espace de quatre années seulement.
Pour de nombreux consommateurs, cette envolée pèse lourdement sur le budget des ménages. C’est dans ce contexte tendu que l’ancienne ministre a décidé de prendre publiquement position sur la question de l’approvisionnement énergétique.
Ségolène Royal qualifie de « scandaleuse » la spéculation mondialisée sur les prix de l’énergie. Selon elle, la France subit de plein fouet cette dérive, sans pour autant chercher les solutions pragmatiques adoptées ailleurs en Europe.
L’arrogance française pointée du doigt face à l’Algérie
Au cœur de sa critique, la responsable politique dénonce ce qu’elle décrit comme une attitude d’arrogance idéologique envers Alger. Une posture qui, selon elle, dessert directement le pouvoir d’achat des citoyens français.
Elle vise notamment le traitement médiatique et politique réservé à l’Algérie. « L’Algérie que nos dirigeants et certains médias inspirés par le RN continuent d’insulter », écrit-elle sur le réseau social.
Se présentant comme une voix favorable à l’apaisement, l’ancienne candidate à la présidentielle regrette d’être marginalisée. Elle déplore que ceux qui plaident pour la détente soient traités « stupidement » de victimes d’ingérence étrangère.
Une critique des relations franco-algériennes
Pour Ségolène Royal, la France privilégie la confrontation au détriment de ses intérêts économiques. Ce choix, estime-t-elle, place l’Hexagone dans une impasse face à un partenaire commercial pourtant stratégique.
Quand les voisins européens raflent les contrats gaziers en Algérie
La militante souligne un paradoxe frappant : pendant que Paris se raidit, d’autres capitales avancent leurs pions. « Et pendant ce temps l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne vont signer des contrats d’approvisionnement en gaz en Algérie », affirme-t-elle.
Ces trois pays profiteraient du pragmatisme économique là où la France se cantonne à une logique de tension. Résultat : les entreprises hexagonales cèderaient du terrain à leurs concurrentes européennes.
Selon l’ancienne ministre, ces partenaires « viennent de doubler leurs échanges » avec Alger. Ils seraient, ironise-t-elle, « trop contents tous de prendre la place des entreprises françaises », un constat qu’elle juge « affligeant ».
L’argument de l’ingérence tourné en dérision
Ségolène Royal utilise l’ironie pour désamorcer l’accusation d’ingérence souvent adressée à l’Algérie. Elle évoque notamment l’actualité diplomatique, en particulier une visite du Pape sur le sol algérien.
« L’Algérie fait de l’ingérence au Vatican ? Et donc de l’ingérence en Italie, en Allemagne, en Espagne et même aux États-Unis ? », interroge-t-elle. Une manière de souligner l’incohérence, selon elle, du discours dominant.
À travers cette provocation, elle cherche à démontrer que les autres nations traitent avec Alger sans y voir la moindre menace. Seule la France, insinue-t-elle, se laisserait enfermer dans une lecture idéologique contre-productive.
Un appel à repenser les relations avec le Maghreb
Pour sortir de cette situation, l’ancienne responsable prône un dialogue apaisé avec l’ensemble des pays méditerranéens. Elle appelle à s’entendre « avec tous nos voisins, Algérie comme Maroc », dans une logique de coopération.
Son objectif affiché : construire un avenir commun fondé sur le partenariat plutôt que sur la rivalité. Cette approche suppose, selon elle, de renoncer aux réflexes hérités du passé.
Elle dénonce enfin une stratégie visant à « les diviser pour régner », qu’elle rattache à « une pulsion néo-coloniale toxique d’un autre âge ». Une expression forte qui résume l’ensemble de son argumentaire.
Cette prise de position remet en lumière les tensions persistantes entre Paris et Alger sur le terrain énergétique et diplomatique. Alors que plusieurs capitales européennes multiplient les accords gaziers avec l’Algérie, la question du positionnement français reste ouverte. Le débat sur l’équilibre entre intérêts économiques et rapports de force politiques ne semble pas prêt de s’éteindre.

