Algérie a de nouveau clarifié sa position sur le dossier du Sahara occidental. À l’occasion de la Journée mondiale de l’Afrique, le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf a affiché une ligne diplomatique mêlant ouverture aux négociations et fermeté sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Alors que les discussions encadrées par les Nations unies et les États-Unis peinent à avancer, Alger tente de maintenir un équilibre délicat entre dialogue international et défense de ses positions historiques.
L’Algérie soutient les négociations mais fixe ses limites
Dans son intervention officielle, Ahmed Attaf a salué le processus diplomatique relancé au début de l’année sous médiation américaine et onusienne. Selon lui, Alger souhaite voir émerger une solution « juste et définitive » au conflit du Sahara occidental.
Cependant, les autorités algériennes refusent clairement que les discussions reposent exclusivement sur le plan d’autonomie proposé par Maroc. Pour Alger, toute issue politique doit garantir « le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Cette déclaration confirme que l’Algérie reste attachée à la ligne défendue depuis plusieurs décennies, malgré les pressions diplomatiques croissantes autour d’un règlement rapide du dossier.
Une participation prudente aux discussions internationales
Alger a également tenu à rappeler la nature exacte de son implication dans les négociations. Selon Ahmed Attaf, l’Algérie et la Mauritanie participent au processus uniquement en qualité de pays voisins et d’observateurs politiques. Autour de la table figurent également le Front Polisario, le Maroc ainsi que les États-Unis.
Pour plusieurs analystes, cette précision traduit la volonté d’Alger d’éviter toute interprétation laissant penser qu’elle serait une partie directe au conflit. Le chercheur Ricardo Fabiani, de l’International Crisis Group, estime que l’Algérie cherche à préserver ses relations avec Washington tout en maintenant une ligne rouge diplomatique claire face aux propositions marocaines.
Un blocage qui persiste malgré les avancées diplomatiques
Malgré les signaux d’ouverture affichés par les différents acteurs, les négociations restent quasiment à l’arrêt depuis plusieurs semaines. L’administration américaine poursuit ses efforts de médiation, mais les divergences entre les différentes parties continuent de freiner tout compromis durable.
Pour Alger, la question de l’autodétermination demeure non négociable. De son côté, le Maroc défend toujours son plan d’autonomie comme unique base réaliste de règlement. Cette opposition stratégique continue de bloquer un dossier considéré comme l’un des plus sensibles du Maghreb.
En affichant une posture à la fois ouverte au dialogue et ferme sur ses principes, l’Algérie confirme qu’aucune avancée majeure sur le Sahara occidental ne sera possible sans compromis politique profond entre les différentes parties.

