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Sahara occidental : l’Algérie dénonce un plan pro-marocain

Le dossier du Sahara occidental connaît un nouveau rebondissement diplomatique. Alger a manifesté son vif mécontentement après l’échec du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum (MINURSO), tout en pointant du doigt un projet de résolution américain jugé trop favorable à Rabat. Dans un communiqué publié ce samedi, le gouvernement algérien a livré une analyse sévère de la démarche portée par Washington.

La veille, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas réussi à adopter le texte proposé par les États-Unis, bloqué par le véto de la Russie. Selon Alger, cet échec s’explique par le déséquilibre manifeste d’un document qui, estime-t-il, ne pouvait raisonnablement servir de fondement à un règlement équitable.

Un projet de résolution accusé de « partialité excessive »

Pour les autorités algériennes, le rejet du texte américain était prévisible. Elles dénoncent un document penchant lourdement en faveur du Maroc, au détriment du Front Polisario. Un tel déséquilibre, selon Alger, le rendait inapte à ouvrir la voie vers une solution juste et pérenne au conflit sur ce territoire disputé.

Avant même la mise aux voix, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avait adressé des courriers officiels aux membres du Conseil. Son objectif : alerter sur ce qu’il considérait comme des répercussions particulièrement lourdes pour l’évolution du traitement de ce dossier sensible.

Dans ces missives, le chef de la diplomatie algérienne a prévenu contre l’adoption d’une résolution tendant à entériner un « fait accompli territorial ». Il a averti qu’une telle décision reviendrait, selon lui, à légitimer une occupation en écartant le droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même.

Alger regrette également que, malgré les retouches apportées au texte, sa mouture finale ait vidé de sa substance le principe d’autodétermination. Le projet retenait en effet le plan d’autonomie marocain, sous souveraineté revendiquée par Rabat, comme seule base envisageable pour les discussions.

La disparition du « R » de MINURSO, un signal jugé alarmant

Selon le communiqué algérien, cette orientation réduisait considérablement les marges de manœuvre des deux camps et anticipait l’issue du processus politique. Or, rappelle Alger, le règlement de ce différend devrait avant tout permettre aux Sahraouis d’exprimer librement leur volonté.

Un autre point a particulièrement irrité la diplomatie algérienne : la suppression de la lettre « R », désignant le mot « référendum », dans l’acronyme de la mission onusienne. Un retrait interprété comme un signal politique inquiétant par les responsables du pays.

Cette modification, estime Alger, écartait d’emblée toute perspective de consultation populaire, pourtant historiquement liée à la vocation de la mission et à l’exercice du droit à l’autodétermination. Un recul symbolique mais lourd de conséquences, selon la lecture algérienne.

Le communiqué déplore par ailleurs que, contrairement à la résolution 2797, le texte ait privé le Front Polisario de la possibilité de soumettre ses propres propositions lors des négociations. Alger rappelle que ce mouvement est reconnu comme le représentant légitime et exclusif du peuple sahraoui.

D’une question de décolonisation à un simple enjeu humanitaire ?

L’une des critiques les plus fortes formulées par Alger concerne la nature même du conflit. Selon le gouvernement algérien, le projet américain préparait un glissement progressif, transformant une problématique de décolonisation en un dossier essentiellement humanitaire appelant des solutions durables.

Or, insiste Alger, toute issue solide en matière de décolonisation reste indissociable de l’exercice, par la population concernée, de son droit inaliénable et imprescriptible à décider de son avenir. Déplacer le débat vers le seul terrain humanitaire reviendrait, selon cette lecture, à dénaturer le fond du problème.

Le gouvernement algérien conclut que le texte porté par Washington dénaturait un processus de décolonisation et validait, de fait, l’acquisition d’un territoire par la force. Il aurait ainsi vidé de son sens et privé de tout mécanisme concret le droit d’un peuple à l’autodétermination.

Pour toutes ces raisons, Alger affirme qu’un tel projet ne pouvait constituer un cadre viable pour des pourparlers productifs, ni contribuer à la sécurité et à la stabilité régionales. Le ton employé dans le communiqué traduit la fermeté de la position algérienne sur ce dossier.

En conclusion, l’Algérie réaffirme son engagement en faveur d’une solution politique équilibrée, durable et acceptée par toutes les parties. Une issue qui, martèle-t-elle, doit impérativement garantir au peuple sahraoui la pleine jouissance de son droit à l’autodétermination.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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