Le Professeur Ali Lounici et le Dr Mohammed Hadi Bestaoui, respectivement Chef de service et Maître de conférences en médecine interne au CHU de Tlemcen, ont publié la troisième édition de leur « Guide pratique du médecin lié au jeûne des diabétiques pendant le Ramadan« . Cette édition est particulièrement importante pour les diabétiques qui jeûneront lors du Ramadan qui a débuté le jeudi 19 février 2026 en Algérie.
Recommandations pour un jeûne sain et sécurisé
Le guide présente des recommandations sur la gestion des diabétiques durant le Ramadan, intégrant le score de risque lié au jeûne IDF-DAR (International Diabetes Federation et l’Alliance diabète et ramadan) version 2026. Les auteurs insistent sur la nécessité pour chaque patient diabétique envisageant de jeûner de passer par une évaluation médicale et de suivre un programme éducatif structuré pour minimiser les risques pendant le jeûne. Cette évaluation devrait se faire 6 à 8 semaines avant le début du Ramadan pour ajuster le régime alimentaire et la thérapie.
Le jeûne durant le Ramadan peut exposer certains diabétiques à des complications sérieuses comme l’hypoglycémie, l’hyperglycémie, l’acidocétose, la déshydratation et même la thrombose. Les femmes enceintes diabétiques sont particulièrement à risque, avec des dangers accrus de malformations et complications fœto-maternelles. Les diabétiques de type 1, en fonction de la gravité et de la durée de leur maladie, font face à des risques élevés. Pour les patients atteints de diabète de type 2, le risque varie selon plusieurs facteurs comme l’âge, le traitement, et les complications associées.
Défis pour les diabétiques souhaitant jeûner
Malgré les risques, nombreux sont les diabétiques qui veulent jeûner pendant le Ramadan, constituant un défi pour les professionnels de santé. Une étude EPIDIAR a révélé que jeûner durant le Ramadan peut augmenter le risque d’hypoglycémie sévère et d’hyperglycémie, nécessitant parfois une hospitalisation. La déshydratation est aussi un danger potentiel, surtout dans des conditions climatiques chaudes et humides ou pour les travailleurs impliqués dans des tâches physiques intenses.
Utilisation de la surveillance continue du glucose
Le guide met également en avant l’importance de la surveillance continue du glucose (CGM) comme élément clé des recommandations IDF-DAR 2026. Cette méthode est cruciale pour assurer un jeûne sûr pour les diabétiques qui présentent des risques. Le guide propose de rompre le jeûne si la glycémie descend en dessous de 0,70 g/l ou dépasse 3 g/l, ou si elle est entre 0,70 et 0,90 g/l aux premières heures suivant l’IMSAK.