Le cours du pétrole attire l’attention sur les marchés énergétiques du fait des récentes tensions exacerbées au Moyen-Orient. Le conflit en cours impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran intensifie les craintes quant à la stabilité des approvisionnements pétroliers dans la région du golfe Persique, essentielle pour une grande partie des exportations mondiales de pétrole.
De nombreuses institutions financières scrutent l’évolution des tensions et son impact potentiel sur les marchés de l’énergie. Selon la banque britannique Barclays, les prix pourraient s’élever davantage si les troubles persistaient. La banque prévoit que le prix du pétrole brut Brent pourrait grimper jusqu’à 120 dollars le baril si le conflit continue plusieurs jours, affectant ainsi le transport maritime et la production de certains pays producteurs.
Barclays a souligné dans une note relayée par Reuters : « Bien que ces chiffres semblent élevés, surtout en raison du pessimisme concernant le marché pétrolier de cette année, les fondamentaux demeurent robustes et les risques plus significatifs qu’à l’époque du conflit russo-ukrainien. »
Le Détroit d’Ormuz : Un Canal Critique
La situation sécuritaire et politique du détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, joue un rôle prépondérant dans le prix du pétrole. Chaque jour, une proportion considérable de pétrole et de gaz naturel liquéfié mondial transite par cette zone. Depuis le début des hostilités, la navigation y est devenue incertaine, l’Iran menaçant les navires qui s’y aventurent.
Le 10 mars 2026, le prix du Brent était d’environ 93,02 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate, qui sert de référence aux États-Unis, atteignait 90,29 dollars le baril.
Perturbations dans la Production de Pétrole
La production pétrolière de certains pays du Moyen-Orient a également subi des impacts. Des arrêts de production ont été constatés en Irak et au Koweït, et pourraient se prolonger si les conditions sécuritaires ne s’améliorent pas. Barclays évoque également le risque de perturbations touchant d’autres grands producteurs, comme les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite, ce qui réduirait les volumes disponibles sur le marché mondial, influençant directement le prix du pétrole.
Dans un scénario plus sévère analysé par Barclays, le prix du Brent pourrait même atteindre 150 dollars le baril avant fin mars 2026, si les perturbations s’accentuent, notamment avec des interruptions de la production ou des complications supplémentaires dans la navigation au détroit d’Ormuz.
Les implications de ces développements sont également observées de près en Algérie, où l’économie est fortement dépendante des exportations de pétrole via la compagnie nationale Sonatrach. Une hausse significative des cours du Brent pourrait donc bénéficier à l’économie algérienne, renforçant ses recettes d’exportation et son budget national.
La résolution des tensions au Moyen-Orient et leur impact sur la production et le transport de pétrole détermineront l’évolution future des prix.