L’Algérie s’active actuellement pour persuader le Groupe d’action financière international (GAFI) de la retirer de sa liste grise qui recense les pays sous surveillance renforcée concernant la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le pays nord-africain a été inscrit sur cette liste à la suite de la réunion plénière du GAFI qui a eu lieu le 25 octobre 2024 à Paris, lors de laquelle il a été constaté que l’Algérie devait améliorer son dispositif de lutte contre ces problèmes financiers.
Une visite cruciale des délégués du GAFI
Pour aller de l’avant, les autorités algériennes se mobilisent afin de mettre en œuvre la feuille de route élaborée avec l’organisation internationale, en vue d’une évaluation prévue les 14 et 15 avril 2026 à Alger. Cette échéance coïncide avec la visite d’une délégation de haut niveau du GAFI, rapportée par El Moudjahid le 11 mars. Cette mission est considérée comme un pas décisif pour faciliter le retrait de l’Algérie de la liste grise du GAFI.
Les représentants du GAFI auront pour mission de vérifier sur place l’exécution des recommandations qui concernent la refonte du cadre légal et réglementaire relatif à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Ils s’assureront que les lois et les mécanismes prévus sont réellement appliqués dans la pratique. Parmi les points de cette évaluation figurent l’identification rigoureuse des bénéficiaires réels des entreprises, la surveillance accrue des secteurs financier et non financier, la transparence des flux économiques transfrontaliers, ainsi que l’application de sanctions adéquates.
L’engagement des autorités algériennes
Pour maximiser leurs chances de succès, les autorités algériennes ont même mandaté une délégation pour se rendre au Sénégal. Cette équipe, composée de notaires et de professionnels de la Direction générale des impôts, a pour objectif d’observer les méthodes adoptées par ce pays pour réussir sa sortie de la liste grise, effective le 25 octobre 2024. Tous les départements et institutions concernés ont mis en œuvre les 40 recommandations faites par le GAFI, selon les indications d’une source proche de cette préparation. Cette démarche rapproche l’Algérie de son but, en alignant ses engagements internationaux avec ses efforts contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, comme l’a réaffirmé le président de la République.
Nadjem Reggani, président de la Chambre régionale des notaires du Centre, a qualifié cette visite comme étant « l’ultime étape » avant la « sortie officielle » de l’Algérie de cette liste grise, qui pourrait se concrétiser en juin prochain lors de la réunion plénière du GAFI. Il a exprimé sa confiance en affirmant que toutes les recommandations avaient été suivies, voire même surpassées. De plus, les retours positifs de certains pays membres du GAFI soulignent que l’Algérie a « substantiellement complété son plan d’action » et a répondu aux exigences établies lors de la réunion plénière de Mexico qui s’est déroulée du 10 au 13 février 2026. Cette évolution pourrait offrir de nouvelles opportunités économiques à l’Algérie, lui permettant de regagner la confiance des investisseurs étrangers tout en préservant sa crédibilité sur la scène internationale.