La Green Card pourrait devenir nettement plus difficile à obtenir pour certains candidats à l’immigration américaine. L’administration de Donald Trump examine en effet un dispositif inédit qui imposerait une caution financière élevée à une partie des demandeurs déposant leur dossier depuis l’étranger. Ce projet, encore à l’étude, s’inscrit dans une volonté claire de restreindre l’immigration légale vers les États-Unis.
Le titre de résident permanent, qui autorise un étranger à vivre et travailler durablement sur le sol américain, figure parmi les documents migratoires les plus convoités au monde. Or, selon une enquête relayée le 15 juillet, le Département d’État planche sur une mesure visant à réclamer jusqu’à 100 000 dollars à certains postulants sollicitant leur visa d’immigrant depuis un consulat américain à l’international.
À l’heure actuelle, aucune annonce officielle n’a été formulée et le dispositif n’a pas encore pris la forme d’un texte réglementaire. Il reflète néanmoins l’orientation générale de la politique migratoire défendue par l’exécutif américain.
Une caution pouvant atteindre 100 000 dollars pour la Green Card
D’après les journalistes à l’origine de cette révélation, la mesure viserait spécifiquement les ressortissants étrangers demandant un visa d’immigrant dans l’objectif d’accéder à la résidence permanente depuis leur pays d’origine ou de résidence.
La somme de 100 000 dollars fonctionnerait comme une garantie financière déposée en amont. L’objectif affiché par les autorités consiste à vérifier que les futurs résidents disposent de moyens suffisants et ne solliciteront pas les aides sociales une fois installés aux États-Unis.
Selon les mêmes sources, ce montant pourrait être réglé directement par le demandeur ou pris en charge par un tiers, comme un membre de sa famille se portant garant du dossier.
Un frein potentiel à l’immigration légale vers les États-Unis
Bien que le projet ne soit pas définitivement arrêté, une telle exigence constituerait un frein considérable pour de nombreux candidats. Rassembler 100 000 dollars en une seule fois demeure inaccessible pour la plupart des foyers, y compris dans les nations les plus prospères.
Ce dispositif toucherait vraisemblablement les demandes formulées dans le cadre du regroupement familial ou du mariage avec un citoyen américain. Ces deux canaux comptent parmi les principales portes d’entrée vers la carte de résident permanent.
Un remboursement conditionné à plusieurs critères
D’après le projet évoqué, la caution ne serait pas définitivement perdue. Elle serait restituée dès que le bénéficiaire satisferait aux conditions requises, en particulier après l’accès à la nationalité américaine.
Cette naturalisation intervient en général cinq ans après l’obtention de la résidence permanente. Ce délai peut être réduit à trois ans dans certaines situations liées au mariage avec un ressortissant américain.
Un durcissement supplémentaire de la politique migratoire américaine
Cette initiative vient compléter une série de mesures adoptées depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Washington a déjà renforcé les vérifications sur plusieurs types de visas et instauré des critères financiers plus rigoureux pour certains voyageurs étrangers.
Le principe d’une caution de 100 000 dollars traduit une stratégie assumée : favoriser l’accueil de migrants dotés de ressources solides. Pour le moment, le Département d’État poursuit ses réflexions et aucun calendrier d’application n’a été communiqué.
Quelles conséquences pour les candidats du Maghreb ?
Si cette réforme voyait le jour, elle pèserait lourdement sur les candidats originaires d’Afrique du Nord. Les ressortissants algériens, marocains et tunisiens qui visent les États-Unis via le mariage ou le regroupement familial seraient directement exposés à cette barrière financière.
Dans une région où l’émigration légale représente une aspiration forte pour de nombreux jeunes diplômés, un tel montant réduirait drastiquement les possibilités de départ. Cette contrainte s’ajouterait aux difficultés déjà existantes en matière d’obtention de visas américains.
En cas d’adoption, cette réforme bouleverserait en profondeur les modalités d’accès à la résidence permanente pour les postulants installés hors des États-Unis. Elle instaurerait par ailleurs l’une des conditions financières les plus élevées jamais envisagées dans l’histoire du système migratoire américain, redessinant durablement les perspectives d’installation outre-Atlantique.
