La France a officiellement relancé les expulsions d’Algériens en situation irrégulière après plusieurs mois de tensions diplomatiques avec Alger. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé ce 7 mai une reprise progressive des reconduites, évoquant déjà plus de 140 expulsions réalisées depuis le début de l’année.
Une reprise progressive après un an de blocage diplomatique
Suspendues pendant près d’un an en raison de la crise entre Paris et Alger, les expulsions ont repris à la faveur d’un réchauffement des relations entre les deux pays. Cette interruption faisait suite aux fortes tensions provoquées par la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Invité sur CNews-Europe 1, Laurent Nuñez a expliqué que la situation s’était débloquée après son déplacement en Algérie à la mi-février. Selon lui, aucun laissez-passer consulaire n’avait été délivré auparavant, compliquant fortement les reconduites.
Le ministre a indiqué que 120 laissez-passer avaient été accordés depuis cette visite diplomatique. Il a également confirmé que le seuil des 140 reconduites avait été dépassé depuis janvier, tout en estimant que les résultats restaient insuffisants face aux objectifs du gouvernement. Dans ses déclarations, Laurent Nuñez a affirmé vouloir poursuivre le dialogue engagé avec Alger afin d’accélérer les procédures administratives.
Les vols groupés au cœur des prochains enjeux
Le gouvernement français souhaite désormais aller plus loin avec la mise en place de “vols groupés”, une méthode consistant à expulser plusieurs ressortissants au cours d’un même trajet aérien. Cette option est présentée comme un levier pour augmenter le rythme des éloignements.
Le ministre a également révélé qu’un peu plus de 700 ressortissants algériens occupaient actuellement les centres de rétention administrative français, sur environ 2 000 places disponibles, soit entre 30 et 40 % des capacités totales. Cette reprise intervient dans un contexte politique particulièrement sensible en France, où les questions migratoires restent au centre des débats sécuritaires et diplomatiques.
Depuis sa nomination au ministère de l’Intérieur, Laurent Nuñez adopte une ligne plus tournée vers l’apaisement avec Alger, contrastant avec la stratégie plus conflictuelle menée auparavant par Bruno Retailleau. En relançant les expulsions d’Algériens en situation irrégulière, Paris tente de rétablir une coopération migratoire fragilisée par les tensions diplomatiques récentes, tout en affichant une fermeté accrue sur la gestion des frontières.