Les récentes données sur l’émission de titres de séjour en France montrent une augmentation notable, pourtant des préoccupations émergent à propos des obstacles créés par la dématérialisation des démarches administratives. En particulier, les dysfonctionnements de l’ANEF, la plateforme en ligne pour les demandes de titres de séjour, causent des complications aux travailleurs étrangers.
Le ministère de l’Intérieur a rapporté que 384 230 premiers titres de séjour ont été délivrés en 2025, soit une augmentation de 11,2 % par rapport à 2024. Ces chiffres officiels, publiés par la Direction générale des étrangers en France, reflètent une hausse dans tous les motifs de délivrance, notamment éducatifs, familiaux, humanitaires et économiques.
Titres de séjour : Les défis posés par l’ANEF

Une dizaine d’associations mettent en avant les lenteurs des processus sur l’ANEF. Ils dénoncent les longs délais d’attente et les problèmes techniques, impacts négatifs sur les droits de séjour et d’emploi des personnes touchées. Au printemps 2025, plusieurs de ces organismes ont formé un recours contre l’ANEF pour « carence fautive » auprès du Conseil d’État, critiquant l’outil numérique pour générer des incertitudes administratives majeures.
Le quotidien difficile des travailleurs étrangers
Des témoignages personnels illustrent ces difficultés. Neil et Adriaan, des Sud-Africains vivant en France, ont confronté de longs délais pour le traitement de leurs demandes sur l’ANEF. Neil attend depuis huit mois pour un dossier déposé en juin 2025. Adriaan a rencontré des problèmes tels que l’absence de tout document pendant un mois, compromettant ainsi ses obligations professionnelles.
Impact social et professionnel des retards

Les retards administratifs entraînent des conséquences graves pour certaines personnes, telles que la perte de leur emploi. Angèle, une Ivoirienne en France depuis 2017, a perdu son emploi de femme de chambre en raison de l’impossibilité d’obtenir son renouvellement de titre de séjour à temps.
Sa situation est compliquée par des interruptions administratives ayant fragilisé son statut professionnel et son lieu de vie. Le ministère de l’Intérieur n’a pas détaillé les raisons de ces difficultés, mais souligne ses efforts pour améliorer la transition numérique. Le délai moyen de traitement pour les demandes a pourtant augmenté significativement entre 2023 et 2024.
