Les expulsions des sans-papiers algériens s’imposent comme un sujet central des politiques migratoires de l’Union européenne. D’après les chiffres récents diffusés par Eurostat, les ressortissants algériens constituent la nationalité la plus visée par les décisions d’éloignement adoptées par les États membres durant le premier trimestre 2026.
Sur la période allant de janvier à mars 2026, 11 105 Algériens ont reçu une décision de quitter le territoire. Ce total représente 10,2 % des 108 475 mesures comptabilisées à l’échelle de l’ensemble des Vingt-Sept.
Expulsions des Algériens : plus de 11 000 décisions en un trimestre
Les données publiées par l’office statistique européen désignent la France comme le principal émetteur de ces mesures. L’Hexagone a prononcé 34 880 décisions d’éloignement au cours des trois premiers mois de 2026, loin devant ses voisins.
L’Allemagne occupe la deuxième place avec 10 360 décisions, suivie de l’Espagne qui en dénombre 9 275. Ce trio résume à lui seul l’essentiel de la pression migratoire administrative exercée dans l’Union.
Concernant les nationalités concernées, les Algériens devancent les Marocains, qui totalisent 6 435 décisions sur la même période. À eux deux, ces peuples maghrébins concentrent plus de 16 % de toutes les mesures d’éloignement prises dans l’espace européen.
Malgré cette première position, le nombre de décisions ciblant les Algériens recule de 10,8 % par rapport au dernier trimestre de 2025. La baisse ne modifie toutefois pas leur statut de nationalité la plus concernée par ces procédures.
Des mesures d’éloignement difficiles à concrétiser
Une décision administrative de renvoi ne débouche pas automatiquement sur un départ effectif vers le pays d’origine. Les statistiques européennes montrent que les Algériens ne figurent pas parmi les nationalités les plus fréquemment reconduites hors de l’Union.
Plusieurs freins expliquent cet écart entre les intentions et les actes. Le principal obstacle réside dans l’obtention des laissez-passer consulaires, documents indispensables pour organiser matériellement une expulsion.
Un taux d’exécution historiquement faible
Des rapports de la Commission européenne éclairent l’ampleur de ce blocage. En 2023, le taux d’exécution des retours pour les ressortissants algériens plafonnait à seulement 9,62 %.
Ce pourcentage illustre les difficultés durables auxquelles se heurtent de nombreux États membres. La coopération consulaire reste ainsi un levier déterminant, souvent tributaire des relations diplomatiques entre les capitales concernées et Alger.
La France, épicentre du dossier migratoire algérien
L’essentiel des décisions visant des Algériens émane des autorités françaises. Dans l’Hexagone, la question des obligations de quitter le territoire (OQTF) constitue un débat politique récurrent et particulièrement sensible.
Le sujet s’inscrit dans un contexte de tensions régulières entre Paris et Alger autour de la gestion des flux et de la délivrance des documents d’identification. Ces frictions pèsent directement sur l’efficacité des renvois.
Parallèlement, la géographie des arrivées se transforme en Méditerranée occidentale. Les relevés de Frontex confirment que la route algérienne s’est hissée parmi les principaux axes d’entrée vers l’Espagne.
Cette voie maritime alimente notamment les arrivées en direction des îles Baléares. Elle témoigne d’une reconfiguration des trajectoires migratoires dans cette partie de la Méditerranée.
Un décalage persistant entre décisions et retours effectifs
L’ensemble de ces chiffres dessine une tendance claire pour l’Union européenne. Les procédures d’éloignement visant les Algériens demeurent nombreuses, mais leur application concrète reste très limitée.
Ce hiatus entre le volume élevé de décisions prononcées et le faible nombre de retours réalisés révèle une problématique structurelle. Il souligne la complexité d’une coopération migratoire qui dépend étroitement des équilibres diplomatiques entre l’Europe et les pays du Maghreb.
Les nouvelles données confirment que ce dossier restera au premier plan des priorités européennes dans les mois à venir. La question dépasse largement le cadre statistique et engage les relations entre les deux rives de la Méditerranée.

