Étudier en France pourrait devenir plus coûteux pour de nombreux étudiants étrangers hors Union européenne. Entre hausse des frais universitaires, restriction de l’aide au logement et réorientation des bourses vers certains secteurs, les nouvelles orientations annoncées par Paris suscitent de vives interrogations dans le monde universitaire et parmi les familles concernées.
Des frais d’inscription plus élevés pour les étudiants hors Union européenne
Le débat s’est intensifié après la présentation, le 21 avril 2026, de la stratégie « Choose France for Higher Education » portée par le ministre français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste. Officiellement, ce programme vise à renforcer l’attractivité internationale des universités françaises et à attirer davantage de talents venus de l’étranger.
Cependant, plusieurs mesures prévues suscitent des réserves. Parmi elles figure la généralisation des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires. Selon les informations relayées par Le Monde, les frais pourraient atteindre 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master pour les étudiants originaires de pays hors Union européenne. Pour de nombreuses familles, notamment en Algérie, au Maroc, en Tunisie, au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, cette évolution alourdit considérablement le coût global d’un projet d’études en France, déjà marqué par les dépenses liées au visa, au logement, à l’assurance et à l’installation.
La suppression de l’APL accentue les difficultés liées au logement
Au-delà des frais universitaires, la question du logement apparaît comme l’un des principaux sujets de préoccupation. À compter du 1er juillet 2026, les étudiants internationaux extracommunautaires non boursiers ne devraient plus bénéficier de l’Aide personnalisée au logement (APL), selon les orientations annoncées par les autorités françaises.
Le gouvernement présente cette mesure comme ciblée et limitée, expliquant qu’elle concernerait une faible proportion de la population étudiante. Néanmoins, pour les étudiants concernés, la disparition de cette aide pourrait avoir un impact financier important, particulièrement dans les grandes métropoles universitaires où les loyers restent élevés. À Paris, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier ou Grenoble, l’accès à un logement représente déjà un défi majeur pour de nombreux étudiants étrangers, souvent confrontés à l’absence de garant local et à des exigences administratives complexes.
Des bourses davantage orientées vers les filières scientifiques et technologiques
Le plan gouvernemental met également l’accent sur une nouvelle orientation des dispositifs de bourses destinés aux étudiants internationaux. Présentées comme un instrument de diplomatie académique et scientifique, ces aides devraient cibler prioritairement les domaines jugés stratégiques pour l’économie et la recherche françaises.
Les secteurs des sciences, de l’intelligence artificielle, de l’ingénierie, de la santé, de la transition énergétique ou encore de l’innovation apparaissent comme les principaux bénéficiaires de cette stratégie. Cette approche répond à des objectifs de compétitivité et de développement technologique. En revanche, elle suscite des interrogations pour les étudiants inscrits dans des disciplines telles que le droit, l’économie, les sciences humaines, les lettres, la communication ou la gestion, des filières pourtant très prisées dans l’espace francophone et largement choisies par les étudiants maghrébins et africains.
