La situation des étudiants étrangers en France suscite une vive inquiétude parmi plusieurs élus. Un courrier officiel vient d’être remis au ministre de l’Intérieur pour dénoncer un ensemble de mesures jugées pénalisantes. Ces dispositions concernent directement de nombreux jeunes venus du Maghreb pour suivre un cursus universitaire.
Ce document a été rédigé par Akli Mellouli, sénateur du Val-de-Marne, et transmis le 8 juillet 2026 à Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Trente autres parlementaires ont apposé leur signature à cette démarche. L’initiative répond à une alerte lancée par l’Union nationale des étudiants de France (UNEF).
Les signataires pointent trois décrets récents qui, selon eux, compliquent le parcours des jeunes internationaux inscrits dans les universités françaises. Ils insistent sur un point : ces textes ne doivent pas être examinés isolément. Leur cumul risque de renchérir le coût des études, de limiter l’accès aux aides et d’entraver les démarches liées au séjour.
Des frais d’inscription en hausse pour les étudiants extracommunautaires
Le premier point de friction touche aux droits d’inscription universitaires. Le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 restreint les possibilités d’exonération des tarifs différenciés appliqués aux étudiants hors Union européenne. Jusqu’ici, ces dérogations permettaient à certains établissements de conserver des frais accessibles.
Cette dispense donnait aux universités une marge pour préserver l’attractivité de leurs formations auprès d’un public international. Sa réduction change désormais la donne pour de nombreux candidats.
D’après les élus, cette réforme pourrait contraindre davantage d’étudiants étrangers à s’acquitter de sommes nettement plus lourdes. Cette flambée des coûts risque de décourager de futurs candidats maghrébins tentés par une inscription dans l’Hexagone.
Des aides au logement réduites pour les boursiers étrangers
Le deuxième obstacle vise les aides personnalisées au logement. Le décret du 27 juin 2026, appliqué dès le 1er juillet, limite l’accès aux APL pour une partie des étudiants étrangers boursiers. Les parlementaires jugent cette suppression particulièrement dommageable.
Concrètement, plusieurs bénéficiaires de bourses ou de programmes spécifiques perdent le droit à ce soutien financier. Or ces aides constituaient souvent un appui essentiel pour équilibrer un budget étudiant déjà serré.
Un poids majeur dans un marché tendu
La question de l’hébergement occupe une place centrale dans le courrier. Les étudiants venus de l’étranger représentent une part significative des occupants des résidences universitaires. Dans un contexte de logement déjà saturé, la baisse des allocations pourrait accentuer leur précarité matérielle.
Des ressources exigées plus élevées pour le titre de séjour
Le troisième volet porte sur les conditions de séjour. Le décret n° 2026-526 du 22 juin 2026 rehausse le montant minimal de ressources requis pour obtenir ou renouveler un titre de séjour étudiant. Ce seuil sera par ailleurs automatiquement indexé sur le Smic.
Pour les signataires, cette exigence financière représente une barrière supplémentaire pour des jeunes déjà soumis à de fortes pressions budgétaires. Beaucoup d’étudiants algériens, marocains ou tunisiens pourraient se retrouver en difficulté.
Les élus redoutent que cette mesure fragilise des milliers de trajectoires universitaires. Certains inscrits pourraient être contraints d’abandonner leur cursus ou de suspendre leur formation faute de garanties financières suffisantes.
Une demande de retrait et d’ouverture du dialogue
Les parlementaires réclament du ministre un revirement complet sur ces trois textes. Ils exigent l’annulation du décret du 27 juin 2026 relatif aux APL, ainsi que celle du décret n° 2026-526 encadrant les ressources pour le séjour étudiant.
Ils demandent également l’abrogation des dispositions du décret n° 2026-385 qui restreignent les exonérations de frais d’inscription. L’objectif est de rétablir des conditions plus favorables pour l’ensemble des étudiants internationaux.
Les signataires appellent enfin à l’ouverture rapide d’une concertation. Ce dialogue associerait les organisations étudiantes, les établissements d’enseignement supérieur et les autres acteurs concernés. Ils souhaitent des conditions de vie et d’études cohérentes avec les ambitions académiques du pays.
Akli Mellouli synthétise cette exigence en insistant sur la nécessité pour les étudiants venus d’ailleurs de pouvoir se former « dans des conditions dignes ». Cette alerte résonne particulièrement auprès des communautés étudiantes du Maghreb, historiquement très présentes dans les universités françaises. L’avenir de milliers de parcours dépendra désormais de la réponse gouvernementale.
